Le retrait de Ford de l'EV déclenche une dépréciation d'actifs de 19,5 milliards de dollars
Ford Motor Company est en train de revirer sa stratégie de véhicules électriques, annonçant en décembre une dépréciation d'actifs de 19,5 milliards de dollars due à l'annulation de programmes VE. Ce repli stratégique marque une conséquence financière significative de la réaction de l'entreprise aux changements de politiques gouvernementales. Ford prévoit de remplacer son fleuron, le F-150 Lightning entièrement électrique, par une version hybride qui utilise un moteur à essence pour recharger sa batterie, signalant un retour vers ses technologies de moteur à combustion interne (ICE) et hybrides principales.
Cette décision fait suite à une période d'investissements massifs dans un avenir entièrement électrique, que la direction considère maintenant comme une erreur de calcul. En annulant ces engagements, Ford vise à stabiliser sa performance financière et à se concentrer sur les segments de véhicules plus immédiatement rentables. La dépréciation souligne les risques à forte intensité de capital auxquels les constructeurs automobiles sont confrontés lorsqu'ils alignent les cycles de produits à long terme sur des environnements politiques et réglementaires volatils.
Les ventes de VE aux États-Unis chutent de 41 % après la suppression du crédit d'impôt
Le virage stratégique de Ford est une réponse directe à un refroidissement spectaculaire du marché des véhicules électriques aux États-Unis. Les ventes de VE ont chuté de 41 % en novembre après que l'administration Trump a éliminé un crédit d'impôt fédéral de 7 500 dollars pour les acheteurs. L'assouplissement simultané des règles d'émissions des gaz d'échappement a further déséquilibré le paysage concurrentiel, rendant les voitures à essence moins chères à produire et à posséder. Pour Ford, poursuivre son offensive agressive dans l'EV sur un marché où la demande diminue et les incitations disparaissent est devenu intenable.
Bien que le virage vers les hybrides semble être un ajustement logique à court terme, il expose également l'entreprise à des risques importants à long terme. En réduisant sa présence dans l'espace entièrement électrique, Ford cède du terrain en termes de reconnaissance de marque et de part de marché à des rivaux comme Rivian, qui sont désormais confrontés à une concurrence directe moindre sur le segment des pick-up électriques. Cette posture réactive rend Ford vulnérable si une future administration réintroduisait des politiques pro-VE, forçant l'entreprise à rattraper son retard une fois de plus.
La stratégie risque la croissance à long terme pour un dividende de 5,4 %
Pour les investisseurs, le changement de cap de Ford présente un compromis entre le revenu immédiat et la croissance future. L'action de la société, qui a nettement sous-performé le S&P 500 au cours de la dernière décennie, offre actuellement un rendement de dividende substantiel de 5,4 %. La direction peut probablement maintenir ce versement en se concentrant sur ses camions et SUV à essence à forte marge. Avec un faible ratio cours/bénéfice (P/E) de 9,8 par rapport à la moyenne de 22 du S&P 500, l'action semble peu coûteuse, suggérant un risque de baisse limité.
Cependant, cette focalisation sur les produits hérités se fait au détriment de l'innovation et de la pertinence à long terme dans une industrie automobile mondiale qui tend toujours vers l'électrification. L'histoire de Ford, qui a réagi plutôt qu'anticipé les changements de politique, a entraîné des erreurs coûteuses d'allocation de capital. Les investisseurs recherchant la croissance et un leadership tourné vers l'avenir pourraient trouver la stratégie de Ford trop axée sur le rétroviseur, même si le dividende apporte un confort à court terme.