La Maison-Blanche avance une nouvelle théorie juridique pour imposer de nouveaux tarifs douaniers étendus, arguant que les partenaires commerciaux, de la Chine à la Norvège, produisent simplement trop de marchandises.
La Maison-Blanche avance une nouvelle théorie juridique pour imposer de nouveaux tarifs douaniers étendus, arguant que les partenaires commerciaux, de la Chine à la Norvège, produisent simplement trop de marchandises.

L'administration Trump prépare un nouveau front dans son offensive commerciale mondiale, en lançant à la mi-mars une enquête au titre de l'article 301 contre 16 économies. Cette démarche pourrait conduire à des tarifs douaniers généralisés basés sur le concept novateur de « surcapacité structurelle ».
« Dans de nombreux secteurs, un grand nombre de partenaires commerciaux des États-Unis produisent plus de biens qu'ils ne peuvent en consommer sur leur marché intérieur », a déclaré le bureau du représentant américain au commerce dans un communiqué. « Cette surproduction supplante la production nationale américaine existante ou empêche l'investissement et l'expansion de la production manufacturière aux États-Unis. »
Les critères de l'administration pour cette « surproduction » incluent les pays fabriquant plus d'un produit qu'ils n'en utilisent et ayant un taux d'utilisation des capacités d'usine inférieur à 80 %. Cependant, l'utilisation des capacités domestiques américaines est actuellement plus faible, à 75,2 %, et les principales industries d'exportation américaines comme Boeing et l'agriculture expédient la majorité de leur production à l'étranger.
Cette initiative risque de dégénérer en une guerre commerciale sur plusieurs fronts, pouvant déclencher des représailles généralisées, perturber les chaînes d'approvisionnement et alimenter l'inflation, tout en testant les limites légales de l'autorité présidentielle après que les tribunaux ont déjà annulé des mesures tarifaires similaires.
L'enquête au titre de l'article 301 de la loi sur le commerce (Trade Act) de 1974 représente la dernière tentative de l'administration pour rétablir les tarifs douaniers après d'importants revers juridiques. En février, la Cour suprême a invalidé les tarifs imposés en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationale (International Emergency Economic Powers Act). Plus récemment, le Tribunal du commerce international a bloqué jeudi un tarif général distinct de 10 %, le jugeant illégal.
Le nouvel argument de l'administration sur la « surcapacité structurelle » a été accueilli avec scepticisme par les experts du commerce. L'enquête cible un groupe diversifié d'économies, allant de géants industriels comme la Chine et l'Union européenne à des nations plus petites comme la Norvège et le Bangladesh. Les plaintes de l'administration traitent le succès normal à l'exportation comme une preuve de pratiques déloyales.
Par exemple, le bureau du représentant américain au commerce a pointé du doigt les exportations record de produits de la mer de la Norvège comme un signe de malversation. Pourtant, comme l'a noté Ed Gresser, ancien représentant adjoint américain au commerce, il s'agit d'un exemple classique d'avantage comparatif, tout comme les États-Unis dominent les exportations d'avions de ligne et d'amandes.
Le dossier contre le Bangladesh pour surproduction de ciment est encore plus ténu. Les importations américaines de ciment en provenance du Bangladesh ont été négligeables au cours des trois dernières décennies, ce qui rend difficile l'argument selon lequel la production du pays impose un « fardeau » au commerce américain, comme l'exige une action au titre de l'article 301.
Les détracteurs soutiennent que l'administration dénature l'intention de l'article 301, conçu comme un outil pour négocier la suppression de politiques gouvernementales étrangères spécifiques qui sont « déraisonnables ou discriminatoires ». Ils soutiennent qu'il ne s'agit pas d'une autorisation globale permettant au président d'imposer des tarifs par décret, une autorité que la Constitution accorde au Congrès. Si la Maison-Blanche souhaite mettre en œuvre des taux de droits de douane plus élevés, elle devrait demander l'approbation législative du Congrès, suivant le précédent des administrations passées.
Cet article est destiné à des fins d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.