Les États-Unis ont intensifié mercredi leur guerre économique contre l'Iran en abordant un pétrolier battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman, alors que le blocus naval de l'administration Trump provoque des perturbations croissantes dans le commerce mondial. L'abordage du M/T Celestial Sea est la dernière action d'application d'un blocus qui a désormais détourné 94 navires commerciaux, selon le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), intensifiant l'affrontement sur le détroit d'Ormuz et alimentant la volatilité sur les marchés de l'énergie.
Le Commandement central des États-Unis a déclaré dans un communiqué que des Marines de la 31e Unité Expéditionnaire de Marines avaient fouillé le navire et lui avaient ordonné de changer de cap. « Les forces américaines continuent d'appliquer pleinement le blocus », a déclaré le CENTCOM, notant qu'il s'agissait d'au moins le cinquième navire commercial abordé depuis le début du blocus à la mi-avril. L'objectif affiché est de faire pression sur Téhéran pour qu'il rouvre le détroit et négocie la fin d'un conflit qui a commencé par des frappes aériennes américaines et israéliennes le 28 février.
L'action militaire souligne les conséquences économiques croissantes de la guerre qui dure depuis près de trois mois. La fermeture effective par l'Iran du détroit d'Ormuz, un conduit pour environ un cinquième du pétrole mondial, a été accueillie par un blocus américain des ports iraniens. Le résultat est un embouteillage de 1 550 navires provenant de 87 pays actuellement bloqués dans le golfe Persique, selon des estimations militaires américaines récentes. Cette perturbation a fait monter en flèche les prix de l'essence et crée des vents politiques contraires pour le président Trump avant les élections de mi-mandat.
La position ferme de l'administration fait désormais face à une bataille sur deux fronts, avec une pression croissante à l'étranger comme à l'intérieur. Alors que le blocus vise à paralyser l'économie iranienne, la hausse des prix à la pompe et l'agitation des marchés de l'énergie frappent les consommateurs américains, créant un calcul politique difficile pour la Maison Blanche. Le prochain mouvement dans ce jeu de la poule mouillée à enjeux élevés pourrait être déterminé autant par les prix de l'essence dans l'Ohio que par les mouvements navals en Oman.
Vents politiques contraires à Washington
L'abordage du pétrolier a eu lieu juste un jour après que le Sénat a voté à 50-47 pour faire avancer une législation visant à forcer le président Trump à se retirer de la guerre en Iran, plusieurs républicains défiant le président. Le vote souligne une inquiétude croissante au Congrès face à la nature indéfinie du conflit et à ses retombées économiques.
L'incident a également suivi l'aveu de Trump lui-même selon lequel il avait annulé une « attaque très majeure » prévue pour mardi à la demande de ses alliés du Golfe, qui estimeraient être proches d'une percée diplomatique. Ce schéma consistant à fixer puis à retirer des échéances est devenu une marque de fabrique de la stratégie iranienne de l'administration, ajoutant à l'incertitude du marché.
Une campagne navale qui s'élargit
Les actions d'application de la marine américaine sont devenues de plus en plus agressives. En plus d'aborder des navires, les forces américaines ont tiré sur et neutralisé au moins quatre autres navires liés à l'Iran ces dernières semaines. Le 8 mai, un F/A-18 Super Hornet a lancé des « munitions de précision » sur deux pétroliers vides, et quelques jours plus tôt, un autre pétrolier, le M/T Hasna, a été la cible de tirs alors qu'il tentait d'échapper au blocus.
La campagne ne se limite pas au golfe Persique. Le mois dernier, les forces américaines ont abordé des pétroliers soupçonnés de contrebande de brut iranien dans l'océan Indien, signalant un effort d'application mondial. La stratégie est claire : couper complètement l'accès de l'Iran aux marchés pétroliers mondiaux jusqu'à ce qu'il renonce à son contrôle sur le détroit d'Ormuz. Cependant, avec l'avertissement de l'Iran selon lequel toute nouvelle attaque étendrait le conflit au-delà du Moyen-Orient, le risque d'une conflagration plus large reste aigu.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.