Un éventuel sommet de deux jours à Pékin pourrait ouvrir la voie à une désescalade majeure des tensions commerciales et militaires entre les États-Unis et la Chine.
Un éventuel sommet de deux jours à Pékin pourrait ouvrir la voie à une désescalade majeure des tensions commerciales et militaires entre les États-Unis et la Chine.

Les dirigeants des États-Unis et de la Chine pourraient se réunir à Pékin pour un sommet de deux jours les 14 et 15 mai afin d'établir un cadre pour les futures négociations sur le commerce, la technologie et la sécurité, selon un rapport de JPMorgan. La rencontre à enjeux élevés entre le président Donald Trump et le président Xi Jinping vise à aborder des points de friction critiques, notamment la réouverture du détroit d'Ormuz et l'accès réciproque aux semi-conducteurs et aux minéraux critiques.
« Nous pensons que le prochain sommet ouvre la porte à une initiative puissante : une approbation conjointe par les deux dirigeants d'un traité bilatéral d'investissement », ont écrit l'ancien ambassadeur des États-Unis en Chine Max Baucus et l'ancien président de Morgan Stanley Asie Stephen Roach dans The Economist.
L'ordre du jour devrait couvrir un potentiel accord multidimensionnel. Les questions clés incluent l'obtention de l'aide de la Chine pour rouvrir le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 21 % des flux mondiaux de pétrole, et un compromis majeur impliquant les contrôles américains sur les exportations de semi-conducteurs et la domination de la Chine sur les exportations de minéraux de terres rares. Les discussions pourraient également voir la Chine accepter d'augmenter considérablement ses achats de soja américain, d'avions Boeing et de pétrole brut afin de maintenir la trêve tarifaire actuelle au-delà de l'échéance du 10 novembre.
Le sommet intervient alors que d'autres puissances mondiales cherchent activement à réduire leur dépendance vis-à-vis des chaînes d'approvisionnement chinoises. L'échec d'un accord sur un cadre pourrait intensifier les frictions commerciales, tandis qu'un projet de traité bilatéral d'investissement pourrait fournir une voie structurée vers la désescalade et stabiliser une relation économique fragile.
Les discussions sino-américaines se déroulent sur fond d'efforts coordonnés par d'autres économies avancées pour réduire les risques liés à Pékin. Lors d'une récente réunion du G7 à Paris, les ministres des sept principales économies ont fait de la réduction de la dépendance vis-à-vis de la Chine pour les minéraux critiques une priorité absolue. Ces matériaux sont essentiels pour les batteries de véhicules électriques, les puces informatiques et les équipements de défense.
La France, qui assure la présidence du G7, préconise la création de groupes de pays producteurs et consommateurs pour établir des chaînes d'approvisionnement alternatives. Sur le plan intérieur, la France vise à produire suffisamment d'oxydes de terres rares pour couvrir l'ensemble de la demande européenne en terres rares lourdes et environ un quart de ses besoins en terres rares légères d'ici 2030, selon le ministre français de l'Économie Roland Lescure. Cette poussée collective accroît la pression sur les États-Unis et la Chine pour trouver un terrain d'entente sur la sécurité de la chaîne d'approvisionnement.
Les analystes estiment qu'il est peu probable que le sommet débouche sur un pacte commercial global. L'objectif est plutôt d'établir un cadre pour de futures négociations, comme l'a noté JPMorgan. Les États-Unis auraient demandé l'aide de la Chine pour pacifier le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour l'énergie mondiale, ce qui donne à Pékin un levier important.
La proposition d'un traité bilatéral d'investissement (TBI), avancée par Baucus et Roach, représente une structure possible pour un tel cadre. Un TBI pourrait établir des règles et des protections pour les investisseurs des deux pays, trouver un terrain d'entente sur les secteurs sensibles et potentiellement assouplir les restrictions mutuelles sur la technologie et les ressources qui ont défini la relation ces dernières années. Pour l'heure, un accord transactionnel impliquant des achats massifs de produits agricoles et énergétiques américains semble être la voie la plus immédiate pour préserver le statu quo tarifaire actuel.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.