La Banque de l'Ouganda a maintenu son taux directeur à 9,75 % pour le huitième mois consécutif, équilibrant une inflation domestique modérée et les risques externes croissants liés au conflit au Moyen-Orient.
La Banque de l'Ouganda a maintenu son taux directeur à 9,75 % pour le huitième mois consécutif, équilibrant une inflation domestique modérée et les risques externes croissants liés au conflit au Moyen-Orient.

La Banque de l'Ouganda a maintenu son taux directeur à 9,75 % pour la troisième réunion consécutive, invoquant une inflation intérieure stable tout en signalant une vigilance accrue face aux retombées économiques de la guerre en Iran.
« Le Comité a estimé que, bien que les risques découlant du conflit au Moyen-Orient puissent exercer une pression à la hausse sur l'inflation, l'orientation actuelle de la politique monétaire reste appropriée et bien alignée sur les conditions macroéconomiques actuelles », a déclaré le gouverneur Michael Atingi-Ego dans un communiqué.
Cette décision maintient le taux de référence au niveau qu'il occupe depuis octobre 2024. L'inflation en Ouganda a légèrement augmenté pour atteindre 3 % en avril, contre 2,8 % en mars, selon la banque centrale. Le comité de politique monétaire prévoit que l'inflation se situera entre 5 % et 5,3 % au cours des 12 prochains mois, restant proche de l'objectif à moyen terme de 5 % de la banque.
Ce maintien souligne l'exercice d'équilibriste difficile pour cette nation d'Afrique de l'Est, qui navigue entre le double impact du conflit au Moyen-Orient. Alors que la guerre menace d'accroître les pressions inflationnistes via la hausse des prix mondiaux de l'énergie, elle pourrait également stimuler considérablement la valeur du pétrole brut de l'Ouganda, dont les premières exportations sont prévues pour octobre.
Un facteur majeur dans le calcul économique de l'Ouganda est son entrée anticipée sur le marché pétrolier mondial. Un projet de 230 000 barils par jour mené par la société française TotalEnergies et la société chinoise CNOOC est en bonne voie pour commencer les exportations en octobre. La hausse des prix mondiaux du pétrole, conséquence directe de l'instabilité géopolitique telle que la guerre en Iran, présente une manne potentielle pour les revenus d'exportation du pays.
Le conflit a déjà introduit une volatilité importante sur les marchés de l'énergie. L'Agence internationale de l'énergie a signalé un risque de fluctuations de prix accrues, tandis que l'OPEP a réduit ses prévisions de demande, reflétant l'incertitude économique mondiale. La guerre a perturbé le transport maritime via le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole, selon un récent rapport de PBS News Hour.
La position prudente de la banque centrale reflète la dynamique internationale complexe en jeu. Les États-Unis feraient pression sur la Chine, partenaire clé du projet pétrolier ougandais et principal acheteur de pétrole iranien, pour qu'elle aide à la médiation du conflit. Cependant, les analystes suggèrent qu'il est peu probable que Pékin exerce une influence significative, créant ainsi une période prolongée d'incertitude.
Pour l'Ouganda, cela se traduit par un environnement économique précaire. Alors que la nation est en position de bénéficier de son statut de premier exportateur de café d'Afrique et de futur producteur de pétrole, les chocs externes du conflit pourraient facilement faire dérailler sa trajectoire d'inflation stable. La décision de la banque centrale de maintenir les taux signale une approche attentiste alors qu'elle surveille l'évolution de ces événements mondiaux.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.