Les actifs turcs ont plongé jeudi alors qu'une fuite de capitaux s'intensifiait, faisant chuter l'indice boursier principal du pays de plus de 6 % et poussant la lire à un niveau record contre le dollar.
« L'ouverture du blocus d'Ormuz est la question clé », a déclaré Geoffrey Dennis, commentateur indépendant sur les marchés émergents, à NDTV Profit, reliant la stabilité du marché au conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran qui a perturbé l'approvisionnement énergétique mondial et accru les risques régionaux.
La vente massive a été sévère et généralisée. L'indice Borsa Istanbul 100 a clôturé en baisse de 6,05 % à 13 163,88, accélérant son déclin en fin de séance. Le sous-indice bancaire a été encore plus durement touché, chutant de 8,63 %. La lire a touché un plus bas historique de 45,6269 par dollar avant de réduire ses pertes. Pendant ce temps, le coût de l'assurance de la dette du pays contre le défaut à cinq ans a bondi de 12 points de base pour atteindre 253 points de base, un signal clair de la détérioration du sentiment des investisseurs.
Cette tourmente survient dans un contexte de stress géopolitique important et d'interrogations sur les réserves financières de la Turquie. Le pays a liquidé la quasi-totalité de ses avoirs en bons du Trésor américain en mars, selon des données récentes, un mouvement qui pourrait indiquer un besoin urgent de réserves de devises étrangères. Alors que la guerre entre les États-Unis et l'Iran perturbe le commerce et fait grimper les prix du pétrole — le Brent restant au-dessus de 104 $ le baril malgré de récentes baisses — les investisseurs fuient les actifs risqués, et les marchés turcs subissent de plein fouet les retombées. Cela pourrait déclencher de nouvelles sorties de capitaux et augmenter considérablement le coût de la dette extérieure pour le pays et ses entreprises.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.