Une enquête de la Banque du Canada montre que les acteurs du marché financier prévoient désormais une hausse des taux en mars 2027, avançant ainsi le calendrier du resserrement monétaire face aux inquiétudes persistantes concernant l'inflation.
Une enquête de la Banque du Canada montre que les acteurs du marché financier prévoient désormais une hausse des taux en mars 2027, avançant ainsi le calendrier du resserrement monétaire face aux inquiétudes persistantes concernant l'inflation.

Les acteurs du marché s'attendent désormais à ce que la Banque du Canada procède à sa première hausse de taux d'intérêt en mars 2027, un changement significatif par rapport aux attentes précédentes, l'inflation s'avérant plus tenace que prévu. Une enquête de la banque centrale publiée lundi montre que les traders anticipent une hausse par rapport au niveau actuel de 2,25 %, alors même que le gouverneur de la banque se dit prêt à agir plus tôt si nécessaire.
« La Banque du Canada s'est engagée à maintenir l'inflation proche de la cible de deux pour cent au fil du temps... À mesure que les perspectives évoluent, nous sommes prêts à réagir au besoin », a déclaré le gouverneur Tiff Macklem devant le comité des finances de la Chambre des communes lundi.
L'enquête menée fin mars auprès de 28 acteurs du marché financier a révélé une attente médiane pour une inflation moyenne de 2,6 % en 2026. Cela survient après que l'indice des prix à la consommation du Canada a augmenté de 2,4 % en mars, et les propres prévisions de la banque centrale projettent un sommet d'environ 3 % en avril avant un retour à la cible de 2 % au début de 2027. La banque a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de quatre réunions consécutives.
Le virage hawkish des attentes de taux canadiens crée une divergence croissante avec les États-Unis, où les analystes repoussent les prévisions de baisses de taux de la Réserve fédérale vers la fin de 2026 ou 2027. Cet écart de politique pourrait renforcer le dollar canadien par rapport à son homologue américain et se reflète déjà sur les marchés obligataires, les traders intégrant au moins deux hausses de taux canadiennes d'un quart de point avant la fin de 2026.
Le sentiment au nord de la frontière contraste fortement avec les perspectives de la Réserve fédérale américaine. Alors que l'on s'attend désormais à ce que la Banque du Canada augmente ses taux, les banques de Wall Street repoussent leurs prévisions de baisses de taux de la Fed. Goldman Sachs a récemment reporté sa prévision pour les deux dernières baisses à décembre 2026 et mars 2027. Bank of America est allée plus loin, supprimant entièrement ses baisses de 2026 et les décalant au troisième trimestre de 2027.
Cette divergence intervient alors que le marché du travail américain montre des signes de stabilité, réduisant l'urgence pour la Fed d'assouplir sa politique par rapport à sa fourchette actuelle de 3,50 % à 3,75 %. Un récent rapport du département du Travail a montré une poussée des embauches à un plus haut de plus de deux ans en mars, renforçant les attentes selon lesquelles la Fed laisserait ses taux d'intérêt inchangés jusqu'en 2027.
Le principal moteur de la mise à jour du calendrier de hausse des taux est l'inflation. Le gouverneur Macklem a clairement indiqué qu'il était prêt à relever les taux pour éviter que les prix élevés de l'énergie, exacerbés par le conflit au Moyen-Orient, ne s'enracinent.
« Ce que nous ne voulons pas voir, c'est... qu'une augmentation ponctuelle du niveau des prix commence à devenir des augmentations continues du niveau des prix ou une inflation généralisée », a déclaré Macklem dans son témoignage. « Je comprends que des taux d'intérêt élevés ne vont pas être formidables pour la plupart des Canadiens... L'alternative est de laisser l'inflation devenir incontrôlable et s'enraciner. Cela fait encore plus de mal à tout le monde. »
Bien que la prévision de base de la Banque du Canada soit que l'inflation revienne à la cible de deux pour cent au début de 2027, Macklem a reconnu que l'incertitude est « exceptionnellement élevée ». Pour l'instant, la banque voit peu de preuves que la hausse des prix de l'énergie se soit répercutée sur d'autres biens et services, mais cela reste le risque clé pour les perspectives. Statistique Canada doit publier les données de l'IPC d'avril le 19 mai.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.