Stellantis renforce ses liens avec les constructeurs chinois, une initiative susceptible de remodeler le marché européen des véhicules électriques.
Stellantis renforce ses liens avec les constructeurs chinois, une initiative susceptible de remodeler le marché européen des véhicules électriques.

Stellantis NV s'appuiera sur son partenariat avec le chinois Leapmotor pour commencer à produire des véhicules électriques en Europe d'ici 2028, un pivot stratégique visant à capturer une part plus importante du marché croissant des VE sur le continent tout en contournant les éventuels tarifs douaniers de l'UE sur les importations chinoises. Cette initiative s'inscrit dans une tendance sectorielle plus large où les constructeurs historiques collaborent avec leurs nouveaux concurrents chinois.
« Les partenariats seront intégrés à notre stratégie à l'avenir », a déclaré Antonio Filosa, PDG de Stellantis, lors du sommet « Future of the Car » du Financial Times. Filosa a souligné l'intention d'utiliser ces collaborations pour l'amélioration technologique, l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement et une meilleure utilisation des capacités.
Selon les annonces de la société, l'accord prévoit que les modèles Leapmotor soient produits dans deux usines de Stellantis en Espagne. Cela fait suite à un partenariat récemment relancé avec Dongfeng Motor Corp. en Chine et précède le dévoilement, le 21 mai aux États-Unis, d'un nouveau plan d'affaires pluriannuel où la stratégie de marque pour des noms clés comme Jeep, Ram, Peugeot et Fiat sera un point central.
Pour Stellantis, cette stratégie offre un moyen économe en capital de renforcer sa gamme de VE en utilisant la technologie chinoise mature, accélérant potentiellement sa transition hors des moteurs à combustion interne. Pour l'ensemble de l'industrie automobile européenne, cela signale une nouvelle ère de compétition où les constructeurs historiques pourraient de plus en plus s'associer à de nouveaux entrants chinois, qui gagnent rapidement des parts de marché, plutôt que de simplement les concurrencer.
Filosa a suggéré que l'accord avec Leapmotor pourrait servir de modèle pour de futures coopérations, et pas seulement avec des fabricants chinois. Il a noté que l'importante empreinte industrielle mondiale de Stellantis et son large portefeuille de marques en font un partenaire attractif. Les constructeurs chinois sont de plus en plus désireux d'utiliser les usines européennes existantes pour construire des véhicules localement, leur permettant d'éviter les droits de douane et de pénétrer le marché plus efficacement.
Cette stratégie n'est pas sans risques, exposant Stellantis aux tensions géopolitiques entre l'Europe et la Chine. Cependant, elle constitue également une couverture potentielle contre les gains rapides de parts de marché de marques chinoises comme BYD et MG. En unissant leurs forces, Stellantis obtient un accès immédiat à des plateformes de VE compétitives, tandis que Leapmotor s'assure une base de fabrication et de distribution en Europe. La société doit dévoiler plus de détails sur sa revue d'activité complète et sa stratégie de marque le 21 mai.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.