Sphere Entertainment redouble d'efforts sur son concept de salle immersive avec un pari de 1,7 milliard de dollars à Abou Dhabi, mais les analystes s'interrogent sur les fondements financiers de cette expansion mondiale.
Sphere Entertainment redouble d'efforts sur son concept de salle immersive avec un pari de 1,7 milliard de dollars à Abou Dhabi, mais les analystes s'interrogent sur les fondements financiers de cette expansion mondiale.

Sphere Entertainment Co. construira sa deuxième salle mondiale à Abou Dhabi pour 1,7 milliard de dollars, un accord historique qui a fait grimper son action en flèche alors même que son endettement et ses projections de flux de trésorerie attirent l'attention des analystes.
« Abou Dhabi est une capitale internationale de premier plan, et son ambition, ses infrastructures et sa position de carrefour culturel en font un foyer naturel pour Sphere », a déclaré James L. Dolan, président exécutif et chef de la direction de Sphere Entertainment.
Le projet, entièrement financé par le Département de la culture et du tourisme d'Abou Dhabi (DCT Abou Dhabi) pendant la phase de construction, devrait être achevé d'ici la fin de 2029 sur l'île de Yas. Cette annonce fait suite à une période où l'action de Sphere Entertainment (NYSE : SPHR) a bondi de 73,2 % au cours des six derniers mois, portant sa valorisation à un multiple EV/EBITDA prévisionnel de 16,8x.
L'accord teste la capacité de Sphere à déployer son modèle technologique de pointe et à forte intensité de capital à l'échelle mondiale. Bien que l'investissement du gouvernement d'Abou Dhabi réduise les risques liés à la construction de ce projet spécifique, la société fait face à des vents contraires financiers plus larges, notamment une baisse prévue de la marge de flux de trésorerie disponible de 25,2 % à 8,6 % et une dette nette de plus de 300 millions de dollars.
### Une nouvelle icône pour l'île de Yas
La nouvelle salle, baptisée Sphere Abou Dhabi, sera située à l'extrémité nord de l'île de Yas, un pôle de divertissement en pleine croissance qui accueille déjà Ferrari World, SeaWorld et le circuit de Yas Marina pour le Grand Prix annuel de Formule 1. Le Département de la culture et du tourisme d'Abou Dhabi investit 1,7 milliard de dollars dans la phase de construction, ce qui devrait créer des milliers d'emplois et faire de l'île une destination mondiale de premier plan pour les expériences immersives.
« Dans une région où l'appétit pour des expériences de classe mondiale continue de croître, notre investissement de 1,7 milliard de dollars dans sa phase de construction envoie un signal clair : Abou Dhabi est ouvert, ambitieux et inébranlable dans sa direction », a déclaré Mohamed Khalifa Al Mubarak, président de DCT Abou Dhabi.
### L'examen des analystes malgré la hausse de l'action
Malgré l'accueil enthousiaste du marché, certains analystes appellent à la prudence. La hausse de l'action de la société s'est appuyée sur le succès de sa salle de Las Vegas, mais ses fondamentaux financiers présentent une image plus complexe. Selon une analyse de StockStory.org, la croissance annuelle des ventes sur cinq ans de Sphere Entertainment, soit 18,7 %, est en retrait par rapport au secteur de la consommation discrétionnaire.
Plus inquiétant pour certains investisseurs : la dette et les flux de trésorerie de l'entreprise. Sphere Entertainment a enregistré un EBITDA négatif de 183,7 millions de dollars au cours des 12 derniers mois et détient 938,4 millions de dollars de dette contre 629,1 millions de dollars de trésorerie. Les analystes prévoient que sa marge de flux de trésorerie disponible se comprimera de 25,2 % l'année dernière à seulement 8,6 % au cours des 12 prochains mois. Cette pression financière pourrait limiter la capacité de la société à financer sa croissance future ou à résister à des ralentissements inattendus du marché.
L'argument haussier repose sur la vision de la société d'un réseau mondial de Spheres, l'accord d'Abou Dhabi constituant la première étape. Le partenariat avec DCT Abou Dhabi fournit un modèle pour une future expansion internationale, potentiellement avec des modèles de financement similaires à risque réduit. Pour l'instant, les investisseurs pèsent l'excitation d'une nouvelle icône mondiale par rapport aux réalités financières de l'entreprise qui la construit.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.