Des individus armés à bord d'un petit skiff ont ouvert le feu sur un porte-conteneurs et ont tenté de l'aborder à 14 milles nautiques au sud de la côte yéménite lundi, a rapporté le UK Maritime Trade Operations, menaçant les voies de navigation de la mer Rouge alors qu'un fragile accord entre les États-Unis et l'Iran sur le passage par le détroit d'Hormuz entrait en vigueur.
« L'équipage a signalé que le skiff a ouvert le feu sur le navire et que des personnes non identifiées ont tenté de monter à bord », a déclaré l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident s'est produit à environ 16 milles au large des côtes yéménites. L'agence n'a pas identifié l'État du pavillon ni l'opérateur du navire, et aucune victime n'a été confirmée.
L'attaque survient quelques heures après que le président Donald Trump a annoncé qu'un accord avec l'Iran avait été finalisé, déclarant le détroit d'Hormuz ouvert au trafic. « Navires du monde, faites tourner vos moteurs. Laissez le pétrole couler ! » a écrit Trump sur les réseaux sociaux. Selon l'accord, l'Iran autorisera le libre passage à travers le détroit pendant 60 jours, bien qu'une clause révisée suggère que Téhéran et Oman se réservent le droit de déterminer la « future administration des services maritimes » — un langage qui pourrait permettre à l'Iran de prélever des péages sur les navires de passage, selon l'agence de presse semi-officielle iranienne Fars.
Le détroit d'Hormuz gère environ 21 % du commerce mondial du pétrole, faisant de toute perturbation une menace directe pour l'approvisionnement en brut. Les contrats à terme sur le brut Brent ont chuté de plus de 4 % lors de l'annonce de l'accord, mais l'attaque au Yémen réintroduit un risque du côté de l'offre. La dernière fois que les forces houthies ont ciblé le transport maritime commercial en mer Rouge — entre novembre 2023 et début 2025 — le trafic de conteneurs à travers le détroit de Bab el-Mandeb a chuté de plus de 60 %, les primes d'assurance maritime pour la région ont quintuplé, et le brut Brent a ajouté environ 8 dollars le baril sur trois mois, selon les données de l'Agence internationale de l'énergie et de Lloyd's of London.
Le risque en mer Rouge refait surface
L'attaque au large du Yémen se situe à l'entrée sud de la mer Rouge, un goulet d'étranglement qui relie le canal de Suez. Toute perturbation prolongée oblige les navires à contourner le cap de Bonne-Espérance, ajoutant 10 à 14 jours aux trajets Asie-Europe et augmentant les coûts de carburant d'environ 1 million de dollars par aller-retour, selon la société d'analyse maritime Clarksons Research.
Le gouvernement israélien a déclaré qu'il ne retirera pas ses forces du Liban et de la Syrie, a confirmé lundi le ministre de la Défense Israël Katz. Cette position, combinée aux menaces houthies contre les navires liés à Israël, maintient une prime de risque régionale élevée. Le sénateur Tom Cotton (R-AR) a exhorté le secrétaire au Trésor Scott Bessent à imposer des sanctions à tout pays ou entité facilitant le système de péage potentiel de l'Iran, ajoutant une couche d'incertitude politique.
Les enjeux
Pour les investisseurs, la question clé est de savoir si l'attaque au Yémen est un incident isolé ou le début d'une nouvelle vague de perturbations maritimes. Si les forces alignées sur les Houthis reprennent le ciblage des navires commerciaux, les coûts d'expédition augmenteront, le pétrole brut bénéficiera d'une prime de risque plus élevée, et les actifs refuges comme l'or et le dollar américain pourraient se renforcer. L'or s'échangeait près de 2 340 dollars l'once lundi, en hausse de 3,4 % sur la semaine, alors que le risque géopolitique s'est réévalué à travers les classes d'actifs.
La fenêtre de 60 jours à Hormuz offre aux marchés un plancher temporaire, mais l'attaque au Yémen montre que l'environnement de sécurité reste instable. Le prochain test surviendra à l'expiration de la période de libre passage — et de savoir si les ambitions de péage de l'Iran déclenchent une nouvelle série de sanctions américaines qui pourraient refermer le détroit.
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