Rheinmetall AG a lancé une offensive majeure dans le secteur de la défense navale en soumettant une offre non contraignante pour German Naval Yards Kiel (GNYK), créant une guerre d'enchères directe avec son rival Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS). Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large comprenant une proposition au gouvernement allemand pour un contrat pouvant atteindre 12 milliards d'euros (14 milliards de dollars) pour la construction de frégates F126, signalant un bouleversement majeur dans l'industrie navale allemande.
« L'argent seul ne construit pas des navires », a déclaré Oliver Burkhard, PDG de Thyssenkrupp Marine Systems, dans un communiqué, reconnaissant la puissance financière de Rheinmetall tout en soulignant que l'expérience et le savoir-faire technique sont des facteurs tout aussi décisifs dans le monde complexe de la construction navale militaire.
Rheinmetall a confirmé avoir entamé le processus d'audit préalable (due diligence) pour GNYK et attend des résultats d'ici quelques semaines, ce qui précéderait une offre ferme et contraignante. La nouvelle semble avoir créé une certaine incertitude chez les investisseurs, les actions de Rheinmetall chutant de 3,9 % lors de la séance de jeudi. L'offre de la société basée à Düsseldorf fait suite à une première offre non contraignante pour le chantier naval de Kiel soumise par TKMS en janvier.
La compétition pour GNYK est plus qu'une simple acquisition d'entreprise ; elle représente une bataille stratégique pour l'avenir des capacités de défense navale de l'Allemagne. Une acquisition réussie fournirait à Rheinmetall un chantier naval critique, accélérant son ambition de devenir un fournisseur complet de navires et de systèmes navals, défiant directement la domination historique de TKMS. Le prix ultime de cette manœuvre stratégique est le lucratif programme de frégates F126, pierre angulaire des efforts de modernisation de la marine allemande.
## Expansion des ambitions navales
L'offre de Rheinmetall pour le chantier GNYK est une étape calculée dans sa stratégie de construction d'une division navale d'envergure. Cela fait suite à l'acquisition récente par la société du constructeur de navires de guerre NVL, désormais intégré dans sa division Naval Systems. L'acquisition de GNYK, qui emploie environ 400 personnes et fait partie du groupe français CMN Naval, fournirait à Rheinmetall l'infrastructure et l'expertise essentielles, étendant considérablement sa présence sur le marché naval.
« Avec l'acquisition réussie de Naval Systems, nous sommes entrés dans un nouveau segment de marché où nous générons également une croissance rentable », a déclaré Armin Papperger, PDG de Rheinmetall, soulignant les objectifs ambitieux de l'entreprise dans le secteur naval.
## Le trophée des frégates à 12 milliards d'euros
En toile de fond de cette rivalité entre chantiers navals se trouve le programme massif de frégates F126. Rheinmetall a soumis une offre pour reprendre le projet, remplaçant potentiellement l'entrepreneur général actuel, le constructeur naval néerlandais Damen, qui aurait accumulé des retards. Le PDG de Rheinmetall a confirmé que la société visait un contrat évalué à environ 12 milliards d'euros et pourrait voir un contrat signé dès le deuxième trimestre. Cet accord ne serait pas seulement une victoire financière massive, mais cimenterait également la position de Rheinmetall en tant qu'acteur clé de la défense navale européenne pour les décennies à venir.
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