La Reserve Bank of New Zealand a relevé son taux directeur pour la première fois en plus de trois ans, tout en signalant une profonde incertitude quant au rythme des futures hausses.
La Reserve Bank of New Zealand a relevé son taux directeur pour la première fois en plus de trois ans, tout en signalant une profonde incertitude quant au rythme des futures hausses.

La Reserve Bank of New Zealand a relevé mercredi son taux officiel (OCR) de 25 points de base à 2,5 %, la première hausse depuis la mi-2023, les responsables estimant que les risques d'inflation justifiaient un retrait partiel des mesures de relance monétaire, même avec la baisse des prix du pétrole.
« Le comité a convenu qu'il était approprié de commencer à réduire le degré de stimulation monétaire afin de garantir le retour de l'inflation à son objectif à moyen terme », a déclaré le comité de politique monétaire de la RBNZ dans un communiqué, précisant que la décision avait été prise à l'unanimité par les six membres.
Deux membres du comité ont jugé que les risques d'inflation étaient orientés à la hausse, tandis que les quatre autres les considéraient comme globalement équilibrés. La gouverneure Anna Breman a fait valoir que si la demande reste faible, les entreprises pourraient avoir moins de capacité à répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs. Cette décision intervient après que les prix du pétrole sont passés sous la barre des 100 dollars le baril à la suite de la réouverture partielle du détroit d'Ormuz, atténuant les pressions inflationnistes à court terme qui avaient divisé le comité (trois contre trois) lors de sa réunion de mai.
Cette hausse des taux annule en partie l'assouplissement mis en œuvre l'année dernière, lorsque la RBNZ avait réduit ses taux pour relancer la croissance économique. Les marchés tablaient sur une probabilité de 78 % d'une hausse d'un quart de point avant la décision. Le comité a indiqué que de nouvelles hausses de l'OCR semblaient probables lors des prochaines réunions, mais que leur calendrier reste très incertain — une posture prudente qui pourrait limiter la hausse du dollar néo-zélandais.
La décision de la RBNZ reflète un exercice d'équilibriste délicat. Si l'inflation globale chez les partenaires commerciaux de la Nouvelle-Zélande a augmenté, elle devrait s'atténuer pour revenir à près de 2 % en 2027. La croissance mondiale s'est montrée résistante face aux droits de douane et au conflit au Moyen-Orient, soutenue par les investissements liés à l'IA et aux dépenses de défense, mais l'économie néo-zélandaise a perdu de son momentum au deuxième trimestre, le choc pétrolier pesant sur l'activité.
Écarts de taux et le kiwi
Le dollar néo-zélandais s'échangeait à proximité de 0,5702 USD avant la décision, les analystes de Westpac envisageant deux scénarios. Un résultat hawkish — une hausse accompagnée d'orientations aussi bellicistes qu'en mai — pourrait faire grimper la paire NZD/USD de plus de 60 pips et pousser le taux swap à deux ans à la hausse de 12 points de base, selon Imre Speizer, responsable de la stratégie chez Westpac. Un statu quo dovish ferait probablement perdre un demi-cent au kiwi et ferait baisser les swaps de 16 points de base.
La dernière fois que la RBNZ a relevé ses taux, c'était en mai 2023, avec une hausse de 25 points de base à 2,25 % avant une pause. Cette hausse avait été suivie d'une période de vigueur du NZD, le kiwi gagnant environ 3 % au cours du mois suivant avant de s'inverser avec la réémergence des craintes de ralentissement mondial.
Quelle est la prochaine étape ?
Le comité a estimé que le niveau actuel de l'OCR reste accommodant, bien qu'il existe une incertitude quant à l'emplacement du taux d'intérêt neutre. La prochaine réunion de la RBNZ déterminera si ce resserrement prudent gagne en momentum ou s'il s'avère n'être qu'un ajustement ponctuel, alors que la banque centrale navigue entre des signaux contradictoires provenant de la baisse des coûts énergétiques et des pressions inflationnistes intérieures persistantes.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.