Un rallye stupéfiant de 51 % en avril a couronné ON Semiconductor comme le nouveau leader surprenant de l'envolée des semi-conducteurs, mais les indicateurs de valorisation émettent désormais des signaux d'alarme avant son rapport sur les résultats critique du 4 mai.
L'accent mis par ON Semiconductor sur les puces de gestion de l'énergie pour les centres de données d'IA et les véhicules électriques a alimenté une hausse de 51 % de l'action en avril, faisant plus que doubler les gains du géant du secteur Nvidia et signalant un déplacement potentiel de l'intérêt des investisseurs vers les fournisseurs d'infrastructures critiques.
Le principal déclencheur du rallye a été le relèvement, à la mi-avril, de l'analyste Craig Ellis de B. Riley, qui a porté son objectif de cours à 115 $, citant une inflexion attendue des bénéfices et le leadership d'ON dans la technologie du carbure de silicium à forte croissance. « Le quasi-doublement de l'objectif signalait la confiance dans une inflexion des bénéfices », a écrit Ellis.
Ce relèvement a propulsé les actions ON de moins de 80 $ à près de 99 $ en seulement deux semaines. L'action avait gagné 51 % au 28 avril, éclipsant la hausse respectable de 22 % de Nvidia. Ce mouvement agressif a poussé le ratio cours/bénéfice prévisionnel d'ON à 34x, une valorisation élevée pour un fabricant de puces cyclique.
Ce rallye place ON Semiconductor sous les projecteurs avant la publication de ses résultats le 4 mai, testant si son pivot stratégique vers les marchés à forte demande de l'IA et des véhicules électriques peut justifier une valorisation qui laisse désormais peu de place à l'erreur et semble tendue par rapport aux modèles de flux de trésorerie actualisés.
La thèse des puces de puissance gagne du terrain
Alors que les GPU de Nvidia gèrent les calculs de l'IA, ON Semiconductor se taille une niche cruciale dans l'alimentation de ces calculs. L'entreprise est un leader des puces en carbure de silicium (SiC), essentielles pour convertir efficacement l'énergie dans les véhicules électriques et, de plus en plus, dans les baies de serveurs gourmandes en énergie des centres de données d'IA. La direction a explicitement déclaré qu'elle visait à « être leader dans l'alimentation de l'automobile, de l'industrie et des centres de données d'IA ».
Cette focalisation sur la couche d'infrastructure énergétique protège ON de certaines préoccupations au niveau des applications qui peuvent affecter d'autres fabricants de puces. Par exemple, alors que l'action de Nvidia a connu un bref repli de 2 % à la suite d'informations selon lesquelles OpenAI explorerait des mesures de contrôle des coûts, l'activité d'ON est liée à la construction fondamentale des centres de données, où chaque baie de serveurs nécessite une gestion de l'énergie plus sophistiquée.
La valorisation au microscope
La rapidité du rallye a mis la valorisation au premier plan. Après une hausse de 83 % depuis le début de l'année, le P/E prévisionnel de 34x représente une prime significative. Une analyse indépendante des flux de trésorerie actualisés (DCF) réalisée par Simply Wall St estime la valeur intrinsèque de la société à environ 69 $ par action, ce qui suggère que l'action se négociait avec une prime de 34,5 % lorsqu'elle a atteint 93 $.
L'argument des baissiers est clair : les marchés de l'automobile et des véhicules électriques restent volatils, et l'entreprise est toujours exposée à la cyclicité industrielle plus large. Bien que le rallye ait été puissant, il laisse l'action vulnérable si le prochain rapport sur les résultats déçoit. Autre donnée à prendre en compte par les investisseurs : le directeur financier d'ON Semiconductor, Thad Trent, a vendu 30 000 actions à 93 $ fin avril, bien que cela fasse partie d'un plan de négociation 10b5-1 préétabli.
Courants croisés plus larges dans les semi-conducteurs
L'ascension d'ON intervient dans une période de volatilité pour le secteur des semi-conducteurs, soulignant une rotation de l'intérêt des investisseurs. Le jour même où les actions d'ON gagnaient 7 %, la société de test de semi-conducteurs Teradyne (TER) a vu son action chuter de 16 % après son propre rapport, soulignant la réaction impitoyable du marché à tout signe de faiblesse.
Le paysage concurrentiel reste également intense. Alors qu'ON se concentre sur l'énergie, des entreprises comme Broadcom (AVGO) connaissent une croissance phénoménale dans les réseaux d'IA, avec des revenus dans ce segment en hausse de 60 % d'une année sur l'autre et la conclusion de partenariats de conception majeurs avec des hyperscalers comme Meta Platforms. Cela illustre la nature diversifiée et spécialisée du marché des infrastructures d'IA, où plusieurs acteurs peuvent gagner dans différents sous-secteurs.
Les investisseurs surveilleront la publication des résultats du premier trimestre 2026 d'ON Semiconductor le 4 mai pour confirmer que l'orientation stratégique de la société se traduit par une croissance durable. Le PDG Hassane El-Khoury a noté « des signes croissants de stabilisation sur nos marchés clés », et le rapport sera le premier test majeur de cette thèse depuis le mouvement parabolique de l'action. Un résultat dépassant les attentes pourrait consolider le rallye, mais tout signe de ralentissement pourrait déclencher un repli brutal pour l'action qui est devenue le champion des semi-conducteurs d'avril.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.