Un nombre croissant de retraités et d'anciens athlètes professionnels redéfinissent l'accumulation d'actifs en délaissant les actions et obligations traditionnelles au profit de la création d'entreprises. Cette tendance risquée est soulignée par des données montrant que 78 % des anciens joueurs de la NFL sont confrontés à des difficultés financières dans les cinq ans suivant leur retraite.
« Beaucoup d'athlètes veulent ouvrir des bars sportifs ou des restaurants sans avoir la moindre idée de la valeur ajoutée qu'ils vont apporter à leurs clients », a expliqué Magic Johnson, dont l'empire commercial post-carrière est estimé à 1,6 milliard de dollars.
L'envie de se lancer dans l'entrepreneuriat après une carrière est forte, mais périlleuse. Outre les 78 % d'anciens de la NFL en difficulté, 60 % des joueurs de la NBA font face à des problèmes financiers similaires. Cela contraste avec d'autres modèles d'entrepreneuriat tardif, comme l'écrivain Daniel Akst qui a lancé une maison d'édition à 67 ans, où l'entreprise elle-même donne un but à la vie, tout en étant subventionnée par les fonds de retraite classiques.
Cette tendance remet en cause la gestion d'actifs conventionnelle en suggérant que les entreprises entrepreneuriales peuvent constituer une classe d'actifs viable, bien que risquée. Le succès dépend de l'application d'une discipline financière — étude de marché, consultation d'experts et développement de réseau — afin de déterminer si l'entreprise deviendra une source de richesse ou un échec coûteux de plus.
L'erreur à un milliard de dollars
Le principal piège pour les professionnels à hauts revenus qui se tournent vers l'entrepreneuriat est de confondre une passion avec un modèle économique viable. Johnson a lui-même appris cette leçon après l'échec de son magasin de détail « Magic 32 », une entreprise qu'il a admis avoir lancée sans demander l'avis d'un seul client. Cette erreur explique en grande partie les statistiques alarmantes sur la détresse financière des athlètes. Le désir d'ouvrir un bar ou un restaurant découle souvent de l'ego plutôt que d'une analyse de marché. Comme l'a noté Anthony Scaramucci, ancien directeur de la communication de la Maison Blanche, l'éducation traditionnelle échoue souvent à enseigner la résilience et les compétences de réseautage nécessaires. Il soutient que reconnaître publiquement ses erreurs et éviter une mentalité de victime est crucial pour réussir à long terme.
Le nouveau plan : réseau et résilience
Le modèle alternatif, illustré par le succès de Johnson, traite l'entrepreneuriat comme une discipline stratégique. Le plan de Johnson privilégie la création d'un réseau puissant, conseillant à ses pairs de se rendre tôt aux événements où se réunissent les décideurs. Cette philosophie est partagée par Scaramucci, qui souligne que l'intégrité ouvre des opportunités illimitées. Un second principe fondamental est d'embaucher pour l'expertise, et non par amitié. « Si vous gagnez de l'argent, prenez un gestionnaire d'affaires », a conseillé Johnson, mettant en garde contre l'embauche d'amis incompétents. Cette approche disciplinée offre un nouveau cadre pour bâtir des actifs durables bien après la fin d'une première carrière.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.