Lucid Group va supprimer environ 18 % de ses effectifs américains et abolir le poste de directeur de l'exploitation, la dernière mesure de réduction des coûts d'un constructeur de véhicules électriques confronté à une persistance des vents contraires sur la demande.
Lucid Group va licencier environ 18 % de ses effectifs américains, y compris le directeur de l'exploitation Marc Winterhoff, alors que l'entreprise rationalise ses opérations et aligne sa production sur une demande plus faible que prévu, a annoncé lundi le constructeur de VE basé à Newark, en Californie. Les coupes touchent les employés à temps plein, les sous-traitants et les ouvriers de production horaires et devraient réduire les coûts annuels d'environ 158 millions de dollars.
« Les mesures que nous prenons sont nécessaires pour aligner notre structure de coûts sur les conditions actuelles du marché et positionner Lucid pour un succès à long terme », a déclaré l'entreprise dans un communiqué. Winterhoff sera éligible aux indemnités de départ, et l'entreprise prévoit de comptabiliser environ 32 millions de dollars de charges de trésorerie liées aux indemnités de départ, aux avantages sociaux des employés et aux coûts de transition.
Dans le cadre de cette réduction, Lucid a supprimé la deuxième équipe de production de son usine AMP-1 à Casa Grande, en Arizona. Les licenciements devraient être substantiellement achevés d'ici la fin du troisième trimestre. L'entreprise employait environ 9 000 personnes dans le monde au 31 décembre, un chiffre qui ne tient pas compte d'une précédente série de suppressions d'emplois annoncée en février, lorsque Lucid avait déclaré qu'elle licencierait environ 12 % de ses effectifs américains.
Cette restructuration intervient alors que Lucid, introduite en bourse en 2021 via une fusion avec une société chèque en blanc, continue de brûler du trésorerie tout en augmentant la production de sa berline Air et en se préparant à lancer son SUV Gravity. L'entreprise a livré 10 241 véhicules en 2025, bien en deçà des objectifs de production initiaux qu'elle s'était fixés lorsqu'elle prévoyait de construire 20 000 unités par an. Lucid a déclaré une perte nette de 2,8 milliards de dollars pour l'exercice 2025, selon son dernier rapport annuel.
Les dernières coupes de Lucid font suite à une mesure similaire de son rival Rivian Automotive, qui a licencié des centaines d'employés la semaine dernière alors qu'il s'efforce d'atteindre la rentabilité tout en lançant son modèle R2, un SUV plus abordable dont la production devrait commencer en 2026. Les deux entreprises sont confrontées au même défi structurel : des coûts fixes élevés liés à la construction d'usines et aux dépenses de R&D, combinés à une demande de VE qui a augmenté plus lentement que prévu par l'industrie.
Le secteur des VE dans son ensemble a connu une vague de réductions de coûts. Tesla, le leader du marché, a réduit ses effectifs à plusieurs reprises au cours des deux dernières années, tandis que les constructeurs historiques, dont Ford Motor et General Motors, ont réduit ou retardé leurs objectifs de production de VE. La pression est particulièrement forte pour les start-ups pure-play comme Lucid et Rivian, qui ne disposent pas des flux de trésorerie provenant des ventes de véhicules à moteur à combustion pour subventionner leur transition électrique.
Les actions Lucid ont chuté d'environ 45 % au cours des 12 derniers mois, conférant à l'entreprise une capitalisation boursière d'environ 7,5 milliards de dollars. L'action se négociait à environ 2,80 dollars dans les échanges après la clôture lundi suite à l'annonce. L'entreprise a terminé le premier trimestre 2026 avec environ 4,3 milliards de dollars de trésorerie et d'équivalents, offrant une marge de manœuvre que les analystes estiment s'étendre jusqu'à fin 2027 aux taux de consommation actuels.
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