Les inscriptions au chômage américaines ont augmenté plus que prévu, atteignant un sommet de quatre mois à 225 000, renforçant l'image d'un marché du travail où l'embauche a ralenti mais où les licenciements restent historiquement bas.
Les inscriptions au chômage américaines ont augmenté plus que prévu, atteignant un sommet de quatre mois à 225 000, renforçant l'image d'un marché du travail où l'embauche a ralenti mais où les licenciements restent historiquement bas.

Les inscriptions au chômage américaines ont augmenté plus que prévu, atteignant un sommet de quatre mois à 225 000, renforçant l'image d'un marché du travail où l'embauche a ralenti mais où les licenciements restent historiquement bas.
Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage aux États-Unis ont augmenté plus que prévu à 225 000 la semaine dernière, le niveau le plus élevé en quatre mois, alors que le marché du travail reste coincé dans une dynamique de faible embauche et faible licenciement qui a maintenu le taux de chômage à 4,3 %.
« La plupart des districts ont décrit un environnement de faible embauche et faible licenciement », a indiqué mercredi le Livre beige de la Réserve fédérale, notant que l'embauche restait sélective et concentrée sur les postes critiques ou le remplacement des départs.
Les demandes initiales d'allocations chômage des États ont augmenté de 13 000 pour atteindre 225 000 en données corrigées des variations saisonnières pour la semaine close le 30 mai, a rapporté jeudi le ministère du Travail. Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur 213 000. La moyenne mobile sur quatre semaines, qui lisse la volatilité hebdomadaire, a augmenté de 6 500 à 214 750. Le nombre total d'Américains percevant des allocations chômage après une première semaine d'indemnisation, un indicateur proxy de l'embauche, a baissé de 8 000 à 1,78 million pour la semaine close le 23 mai.
Ces données interviennent alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, désormais dans son quatrième mois, a perturbé les approvisionnements en matières premières et fait grimper les prix du pétrole d'environ 50 % depuis fin février, le brut Brent s'échangeant à 97,37 dollars le baril. L'inflation à la consommation a augmenté de 3,8 % en avril, la plus forte hausse en trois ans, ce qui maintient la Réserve fédérale en position d'attente. La plupart des analystes s'attendent à ce que l'économie n'ait créé que 85 000 emplois en mai, contre 115 000 en avril, le rapport sur l'emploi de mai étant attendu vendredi.
Malgré la hausse des inscriptions, les licenciements restent historiquement bas, les dépôts hebdomadaires se situant dans une fourchette de 190 000 à 230 000 cette année. Les employeurs basés aux États-Unis ont annoncé 97 006 suppressions d'emplois en mai, dont environ 39 % dans le secteur technologique, selon un rapport distinct de Challenger, Gray and Christmas. Ce chiffre est en hausse de 16 % par rapport à avril mais seulement de 3 % par rapport à la même période l'an dernier, ce qui suggère que le rythme des réductions annoncées ne s'accélère pas fortement.
La résilience du marché du travail est mise à l'épreuve par de multiples vents contraires. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, reste fermé depuis le début de la guerre fin février. Le prix moyen d'un gallon d'essence aux États-Unis est passé à 4,24 dollars, contre moins de 3 dollars avant le conflit, comprimant le pouvoir d'achat des consommateurs. Les prix de gros ont bondi de 6 % sur un an, leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, suggérant que les pressions inflationnistes restent généralisées et ne reflètent peut-être pas encore pleinement la hausse des coûts énergétiques.
L'embauche dans le secteur privé a envoyé un signal mitigé. Le rapport national sur l'emploi d'ADP a montré que les effectifs privés ont augmenté de 122 000 en mai, au-dessus du consensus de 117 000 et en accélération par rapport aux 105 000 révisés d'avril. Ces données, publiées mercredi, suggèrent une certaine résilience de l'embauche malgré le ralentissement plus large, bien que les chiffres d'ADP aient historiquement divergé du décompte officiel du gouvernement.
Les marchés financiers ont reflété l'incertitude. Le S&P 500 a perdu 0,5 % mercredi, tandis que le rendement de l'obligation du Trésor américain à 10 ans est monté à 4,49 %. L'or s'échangeait à 4 443 dollars l'once, en baisse par rapport aux récents sommets, les investisseurs pesant les forces concurrentes du risque géopolitique et des taux d'intérêt plus élevés. Le VIX, l'indicateur de la peur à Wall Street, est resté élevé alors que les traders intégraient une volatilité persistante liée au conflit au Moyen-Orient. Les actions européennes ont également baissé, le FTSE 100 cédant 0,4 % et le DAX 40 perdant 1,3 %.
La Réserve fédérale a maintenu son taux directeur inchangé, invoquant l'incertitude économique liée au Moyen-Orient et une inflation toujours élevée. Certains responsables de la Fed ont déclaré être disposés à envisager une hausse des taux cette année, une position qui contraste avec les attentes du marché en faveur de baisses éventuelles. Des taux d'intérêt plus bas pourraient stimuler l'embauche, mais l'accent mis par la banque centrale sur le contrôle de l'inflation limite sa marge de manœuvre.
Le rapport sur l'emploi non agricole de mai, attendu vendredi, constituera le prochain test majeur de la solidité du marché du travail. Les économistes interrogés par Reuters s'attendent à une hausse de 85 000 des effectifs, ce qui marquerait un ralentissement par rapport à la hausse de 115 000 en avril et poursuivrait une tendance de décélération de la croissance de l'emploi amorcée il y a environ deux ans. La dernière fois que les gains mensuels moyens de l'emploi sont descendus sous la barre des 100 000 pendant une période prolongée, c'était lors de la récession pandémique de 2020, un rappel du refroidissement du marché du travail par rapport au boom de l'embauche d'après-pandémie.
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