L'avertissement de l'Iran à la France et au Royaume-Uni accroît les tensions dans une voie navigable qui gère plus de 20 % de l'offre mondiale de pétrole, menaçant la stabilité du marché malgré les efforts diplomatiques en cours.
L'avertissement de l'Iran à la France et au Royaume-Uni accroît les tensions dans une voie navigable qui gère plus de 20 % de l'offre mondiale de pétrole, menaçant la stabilité du marché malgré les efforts diplomatiques en cours.

L'Iran a adressé une mise en garde directe à la France et au Royaume-Uni contre tout déploiement militaire dans le détroit d'Ormuz, affirmant que de telles actions aggraveraient la crise dans cette voie navigable critique alors que les tensions avec une coalition dirigée par les États-Unis restent vives. Cette déclaration fait suite aux projets des puissances européennes d'accroître leur présence navale afin de sécuriser les voies maritimes perturbées par un conflit plus large.
« Tout déploiement militaire extérieur sous prétexte de "protéger la navigation" revient à exacerber la crise et à militariser cette voie navigable cruciale », a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Gharibabadi, le 10 mai. Dans sa déclaration, il a affirmé que seul l'Iran a la capacité et le droit de garantir la sécurité du détroit et qu'il ne permettrait aucune interférence.
Cet avertissement survient alors que le Royaume-Uni déploie son destroyer de défense aérienne de type 45, le HMS Dragon, au Moyen-Orient. Ce mouvement est décrit comme une « planification prudente » en vue d'une éventuelle mission multinationale, dirigée conjointement par le Royaume-Uni et la France, visant à sécuriser le détroit dès que les conditions le permettront. Le commandement central des États-Unis a par ailleurs rapporté que son blocus naval des ports iraniens a dérouté 58 navires commerciaux et en a immobilisé 4 depuis le 13 avril, soulignant la friction militaire active et continue dans la région.
Cette confrontation directe de rhétorique accroît les risques pour le marché mondial de l'énergie, où le détroit d'Ormuz sert de point de passage pour un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole. Bien qu'un fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran soit techniquement en place, la poursuite du déploiement militaire pourrait menacer les flux de gaz naturel liquéfié (GNL) et déclencher une hausse significative des prix du brut et une volatilité accrue du marché, similaire au bond initial de 8 % des contrats à terme sur le Brent au début du conflit en février.
Malgré un cessez-le-feu vieux d'un mois, les affrontements se sont poursuivis. Les forces américaines ont imposé un blocus strict sur les ports iraniens, un F/A-18 Super Hornet de l'US Navy ayant immobilisé vendredi deux pétroliers sous pavillon iranien en tirant des munitions dans leurs cheminées, selon le CENTCOM. En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé d'un « assaut lourd » contre les bases et les navires américains si leurs pétroliers étaient pris pour cibles. Ces échanges se produisent alors même que les deux parties soutiennent que le cessez-le-feu tient formellement.
Le renforcement militaire ne se limite pas au Royaume-Uni. La France a annoncé que son porte-avions, le Charles de Gaulle, se dirigeait également vers le sud de la mer Rouge pour signaler sa volonté de sécuriser le détroit. Cette consolidation navale occidentale intervient sur fond d'exercices militaires iraniens et de déclarations de commandants affirmant que leurs missiles sont « verrouillés » sur des cibles américaines dans la région, en attendant l'ordre de tirer.
Parallèlement au déploiement militaire, des canaux diplomatiques sont activés pour désamorcer la situation. Les États-Unis attendent la réponse de Téhéran à une proposition de paix visant à mettre fin formellement au conflit et à entamer des discussions plus larges. Le Qatar est apparu comme un intermédiaire clé, son premier ministre ayant rencontré de hauts responsables américains, dont le secrétaire d'État Marco Rubio, pour faciliter la communication.
L'Iran a publiquement confirmé qu'il examinait l'offre américaine, bien que le porte-parole de son ministère des Affaires étrangères ait déclaré que Téhéran ne répondrait pas aux « délais ou ultimatums ». Un conseiller du ministère iranien des Affaires étrangères, Ali Safari, a reconnu avoir reçu des messages indiquant que les États-Unis cherchent à éviter une nouvelle escalade militaire, mais a averti que les récentes attaques américaines dans le détroit « ne peuvent être ignorées » et risquent de saper les progrès diplomatiques. Le passage réussi d'un méthanier qatari vers le détroit, qui aurait été approuvé par l'Iran, est considéré comme une mesure potentielle de renforcement de la confiance.
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