Le président iranien Massoud Pezeshkian se rendra au Pakistan mardi, a rapporté l'agence Tasnim, alors que les négociateurs américains et iraniens en Suisse ont achevé la première phase des discussions avec ce que les médiateurs ont qualifié de « progrès encourageants » et ont accepté de passer à des consultations techniques.
« La réunion s'est déroulée dans une atmosphère constructive et positive », ont indiqué le Pakistan et le Qatar, qui assurent la médiation du dialogue, dans un communiqué commun. « Les parties ont réussi à obtenir des résultats encourageants, notamment en jetant les bases de nouvelles consultations techniques. »
Cette visite intervient alors que le vice-président JD Vance dirige une délégation américaine qui rencontre des responsables iraniens à Bürgenstock, en Suisse, pour élargir l'accord provisoire conclu la semaine dernière sur la fin des hostilités, la réduction des risques nucléaires et le maintien de l'ouverture du détroit d'Ormuz. L'accord de 60 jours, signé par Trump et Pezeshkian, permet à l'Iran de vendre librement son pétrole et ouvre la voie à Téhéran pour débloquer des milliards de dollars d'actifs gelés, tout en exigeant de l'Iran qu'il dilue son stock d'uranium hautement enrichi. Les contrats à terme sur le pétrole ont chuté de près de 8 % après l'annonce de l'accord par la Maison-Blanche il y a une semaine.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les groupes techniques des deux parties poursuivront les consultations le 22 juin, en discutant de la préparation d'un accord final et des aspects nécessaires à la mise en œuvre du protocole d'accord signé. Le détroit d'Ormuz assure environ 21 % du commerce mondial du pétrole, ce qui fait de toute perturbation un risque direct pour les cours du brut et les marchés de l'énergie dans le monde entier.
La visite au Pakistan signale un renforcement des liens bilatéraux entre Téhéran et Islamabad à un moment crucial. Les deux pays ont discuté de coopération énergétique, notamment du gazoduc Iran-Pakistan longtemps en suspens, qui pourrait donner au Pakistan accès au gaz naturel iranien malgré les sanctions américaines. Tout progrès sur les infrastructures énergétiques aurait des implications pour les routes d'approvisionnement régionales et la dynamique commerciale.
Les pourparlers en Suisse ont connu des tensions précoces après que le président Trump a publié des menaces sur les réseaux sociaux, ce qui a incité le négociateur en chef de l'Iran, Mohammad Bagher Qalibaf, à répondre vivement. L'Iran a également insisté pour que les discussions sur le conflit au Liban, où les forces israéliennes combattent le groupe militant Hezbollah soutenu par l'Iran, soient abordées avant d'autres sujets. Un nouveau cessez-le-feu au Liban, négocié vendredi, semblait tenir dimanche.
La dernière fois que les négociations américano-iraniennes ont atteint un stade comparable, c'était lors des pourparlers sur le Plan d'action global commun de 2015, qui ont abouti à un accord que Trump a abandonné au cours de son premier mandat. L'accord actuel fait face aux critiques des durs du Parti républicain, qui l'ont défavorablement comparé à l'accord nucléaire de l'ère Obama.
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