Le ministère iranien des Affaires étrangères a publiquement réfuté, le 22 mai, les allégations de progrès dans les discussions nucléaires avec les États-Unis, affirmant que les discussions actuelles se concentrent uniquement sur la fin de la guerre et que des différends « profonds et étendus » subsistent. Ce démenti est survenu quelques heures seulement après que des rapports médiatiques non confirmés concernant un accord imminent sur les matières uranifères de l'Iran ont provoqué une brève vente massive de pétrole brut, qui a ensuite rebondi.
« Nous ne pouvons pas affirmer actuellement qu'un accord avec les États-Unis est proche », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Baqaei, selon l'agence de presse de la République islamique. « On ne peut pas s'attendre à des résultats en quelques semaines ou mois via plusieurs cycles de consultations aller-retour. »
Le contrecoup du marché a vu les contrats à terme sur le Brent chuter avant de se redresser pour s'échanger à la hausse, soulignant la sensibilité des prix de l'énergie à la diplomatie au Moyen-Orient. Cet épisode met en lumière l'état fragile des négociations, où même des rapports non confirmés peuvent déclencher des variations de prix significatives. Le détroit d'Ormuz, un point de passage critique pour environ 21 % du pétrole mondial, reste un point central de discorde dans les discussions.
La confusion diplomatique a été amplifiée par des messages contradictoires en provenance des États-Unis. Alors que l'ancien président Donald Trump a affirmé que l'Iran est « impatient de conclure un accord », l'influent sénateur républicain Roger Wicker a préconisé une action militaire pour « détruire » les capacités militaires conventionnelles de l'Iran. Cette divergence présente un risque important pour les marchés, car une rupture des discussions pourrait aggraver les tensions régionales et menacer les flux de pétrole, ce qui pourrait faire grimper les prix brusquement et alimenter l'inflation mondiale.
L'objectif diplomatique de l'Iran
Baqaei a souligné que le « seul objectif est de mettre fin à la guerre » et que les sujets liés au nucléaire ne sont pas à l'ordre du jour actuel. Cette position a été réitérée lors d'une visite du chef de l'armée pakistanaise Asim Munir à Téhéran, dans le cadre d'une offensive diplomatique plus large qui a également vu une délégation qatarie rencontrer le ministre iranien des Affaires étrangères par intérim Ali Bagheri Kani. Pour l'Iran, les priorités immédiates incluent un cessez-le-feu, le statut du détroit d'Ormuz et la fin de ce qu'il qualifie de « piraterie » maritime américaine.
La division politique américaine au grand jour
La position américaine semble profondément fracturée. Le commentaire optimiste de Trump, suggérant qu'un accord est à portée de main, contraste vivement avec la position belliciste du sénateur Wicker, membre éminent de la commission des services armés du Sénat. Wicker a qualifié tout accord potentiel de « sans valeur » et a déclaré que l'armée américaine devrait « rouvrir le détroit », reflétant une division politique importante qui complique la voie vers toute résolution diplomatique durable. La dernière escalade majeure en 2019 avait vu une rhétorique similaire précéder des attaques contre des pétroliers et des infrastructures, provoquant une hausse temporaire de près de 15 % des prix du Brent.
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