Une deuxième attaque de navire en deux mois impliquant un bâtiment indien a intensifié la crise dans le détroit d'Ormuz, menaçant de perturber davantage les flux énergétiques mondiaux.
Une deuxième attaque de navire en deux mois impliquant un bâtiment indien a intensifié la crise dans le détroit d'Ormuz, menaçant de perturber davantage les flux énergétiques mondiaux.

Un cargo battant pavillon indien avec 14 membres d'équipage a coulé mercredi au large d'Oman après une attaque présumée de missile, ont indiqué les autorités, tandis qu'un second navire a été saisi près des Émirats arabes unis (EAU), intensifiant les tensions dans une voie navigable qui gère un cinquième du pétrole mondial.
« L'attaque contre un navire battant pavillon indien au large des côtes d'Oman hier est inacceptable, et nous déplorons le fait que la navigation commerciale et les marins civils continuent d'être ciblés », a déclaré jeudi le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué, confirmant que les 14 membres d'équipage ont été secourus.
Le navire de charge, identifié par la société de sécurité maritime Vanguard comme étant le MSV Haji Ali, transportait du bétail de la Somalie vers Sharjah aux EAU lorsqu'une explosion a provoqué un incendie, forçant l'équipage à abandonner le navire avant qu'il ne coule. Le centre UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations) a également signalé un incident distinct jeudi où un navire a été saisi par du personnel non autorisé à 38 milles nautiques du port émirati de Fujairah et se dirigeait vers les eaux iraniennes.
Ces incidents amplifient les risques pour la navigation commerciale dans le Golfe, particulièrement autour du détroit d'Ormuz, que l'Iran contrôle largement depuis le début de la guerre avec les États-Unis et Israël. Les perturbations continues menacent de provoquer une volatilité accrue sur les marchés du pétrole et du gaz, augmentant la pression sur les grands importateurs d'énergie comme l'Inde.
## L'Iran affirme son contrôle en pleins pourparlers diplomatiques
Les attaques se sont produites alors que l'Inde accueillait les ministres des Affaires étrangères du bloc BRICS, dont le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Bien qu'Araghchi n'ait pas fait directement mention de l'attaque, il a insisté sur le fait que le détroit d'Ormuz « est ouvert à tous » les navires commerciaux qui « coopèrent » avec sa marine. Cela fait suite à des rapports indiquant que l'Iran a commencé à accorder des passages sélectifs à certains navires, deux méthaniers GPL à destination de l'Inde, le Symi et le NV Sunshine, ayant transité par le détroit au cours des dernières 24 heures après un arrêt de près de deux semaines.
Téhéran a défendu son droit de saisir des navires liés aux États-Unis, un porte-parole de la justice déclarant aux médias d'État que l'Iran en avait le droit légal. Le premier vice-président iranien, Mohammadreza Aref, a réitéré que le détroit « a toujours été notre propriété » et ne serait cédé « à aucun prix ». Il s'agit d'au moins le troisième navire battant pavillon ou lié à l'Inde à être attaqué depuis le début du conflit le 28 février, ce qui a poussé l'Inde à convoquer l'envoyé iranien le mois dernier pour exprimer sa « profonde inquiétude ».
## Implications géopolitiques plus larges
L'escalade intervient à un moment diplomatique tendu. La Maison Blanche a déclaré que lors d'une visite à Pékin, le président américain Donald Trump et le dirigeant chinois Xi Jinping ont convenu que le détroit d'Ormuz devait rester ouvert. Peu après, les médias iraniens ont rapporté que des navires chinois avaient commencé à traverser le détroit selon les nouveaux protocoles iraniens suite aux demandes de Pékin.
Ajoutant une autre couche de complexité, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé une récente visite discrète aux EAU, une affirmation que les EAU ont démentie. La normalisation des relations en 2020 entre les deux pays est un point de discorde pour l'Iran. Yoel Guzansky, chercheur principal à l'Institut d'études de sécurité nationale de Tel Aviv, a noté que la profonde coopération sécuritaire entre Israël et les EAU contre l'Iran montre « à quel point le Moyen-Orient est compliqué ».
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