HSBC Holdings (00005.HK) a vu son bénéfice du premier trimestre reculer légèrement, une perte surprise de 400 millions de dollars liée à une affaire de fraude au Royaume-Uni et les tensions géopolitiques croissantes ayant gonflé ses provisions pour pertes de crédit, occultant une performance opérationnelle par ailleurs solide.
"La banque a décrit sa perte en Grande-Bretagne comme provenant d'une 'exposition de titrisation secondaire liée à une fraude avec un sponsor financier au Royaume-Uni'", selon un rapport de Reuters. HSBC n'a pas nommé la société impliquée mais a confirmé avoir une exposition totale de 3 milliards de dollars à des financements similaires.
La plus grande banque d'Europe a affiché un bénéfice avant impôts de 9,4 milliards de dollars pour les trois mois se terminant en mars, en baisse de 1,1 % par rapport aux 9,5 milliards de dollars de l'année précédente et juste en dessous de l'estimation moyenne des analystes de 9,59 milliards de dollars. Sur une base ajustée, le bénéfice avant impôts s'est élevé à 10,1 milliards de dollars, conformément aux attentes. Les actions de la banque cotées à Hong Kong ont chuté de 4,4 % à la suite de cette annonce.
Les résultats ont été impactés par une provision de 1,3 milliard de dollars pour pertes de crédit attendues (ECL), soit 9 % de plus que les prévisions du consensus, incluant la charge inattendue de 400 millions de dollars liée à la fraude. La banque a également mis de côté 300 millions de dollars liés aux risques accrus du conflit au Moyen-Orient, une décision conforme à celle d'autres prêteurs mondiaux comme Standard Chartered et Deutsche Bank qui provisionnent prudemment face au conflit.
Orientations et Perspectives
Malgré ces vents contraires, la direction de HSBC a mis à jour ses prévisions pour l'année 2026. La banque a relevé sa prévision de revenus d'intérêts nets, mais cette révision positive a été neutralisée par une augmentation de ses prévisions de pertes sur prêts. La banque s'attend désormais à ce que sa charge de crédit pour 2026 soit d'environ 45 points de base des prêts bruts moyens, contre une prévision précédente de 40 points de base, invoquant une « incertitude persistante dans les perspectives ».
Le tampon de fonds propres de base de la banque, son ratio common equity tier 1 (CET1), s'est établi à 14 %, répondant aux prévisions du marché. Un point positif du rapport est le rendement des capitaux propres tangibles, qui a atteint 18,7 % pour le trimestre, soit nettement au-dessus de l'objectif à moyen terme de la banque de 17 %. Cela indique une forte rentabilité sous-jacente alors même que la banque navigue dans un environnement mondial complexe. Cette performance contraste avec celle de sa rivale Barclays, qui a également publié une charge de dépréciation importante liée à une affaire de fraude au Royaume-Uni au cours du même trimestre.
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