La fermeture effective du détroit d'Ormuz génère des bénéfices exceptionnels pour les transporteurs, mais menace de plonger les économies fragiles dans la crise à mesure que le coût du carburant s'envole.
La fermeture effective du détroit d'Ormuz génère des bénéfices exceptionnels pour les transporteurs, mais menace de plonger les économies fragiles dans la crise à mesure que le coût du carburant s'envole.

La fermeture effective du détroit d'Ormuz génère des bénéfices exceptionnels pour les transporteurs, mais menace de plonger les économies fragiles dans la crise à mesure que le coût du carburant s'envole.
Le blocus prolongé du détroit d'Ormuz, point de passage de plus d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole, a contraint les Nations Unies à ramener leur prévision de croissance mondiale pour 2026 à 2,6 %, alors que l'envolée des coûts de fret et de carburant se répercute sur l'économie mondiale.
« Les troubles au Kenya sont un indicateur précoce de ce qui pourrait se produire ailleurs sur le continent si les prix élevés du pétrole persistent », a déclaré Jervin Naidoo, analyste politique chez Oxford Economics Africa, dans un bulletin récent.
La perturbation a presque doublé le prix du kérosène, tandis que les prix à la pompe augmentent partout dans le monde. Au Kenya, les prix du diesel ont atteint 1,85 $ le litre, déclenchant des grèves dans les transports, tandis que les Comores ont connu une hausse de 46 %. L'agitation fait suite à la fermeture effective du détroit après l'escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran fin février.
Alors que plus de la moitié du kérosène européen et un volume important du commerce mondial transitent par le détroit, le blocus est une menace directe pour les objectifs d'inflation et la stabilité des chaînes d'approvisionnement. Les marchés intègrent désormais des coûts énergétiques durablement élevés, et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) met en garde contre une période de fragilité où une incertitude prolongée pourrait déclencher des pénuries généralisées.
Alors que les consommateurs et les pays dépendants des importations souffrent, les compagnies maritimes ayant une exposition au comptant non couverte récoltent des bénéfices historiques. La fermeture effective de cette voie navigable critique a considérablement limité la capacité de la flotte mondiale, permettant aux opérateurs d'exiger des primes de prix sans précédent sur le petit nombre de navires transitant encore dans la région ou empruntant des routes nettement plus longues.
La situation est exacerbée par des actions agressives dans le Golfe, avec des rapports faisant état de gardes iraniens montant à bord de navires commerciaux, ce qui a conduit certains marins à déposer des demandes d'indemnisation pour trouble de stress post-traumatique. Cela a encore augmenté les coûts d'assurance et de sécurité, qui sont directement répercutés sur les clients.
Les retombées économiques se propagent rapidement. En Afrique de l'Est, où la plupart des nations dépendent des importations de pétrole du Golfe, les monnaies ont perdu en moyenne 3,6 % de leur valeur par rapport aux devises fortes depuis le début du conflit, selon les données de la CNUCED. Cette dépréciation rend les importations de carburant cruciales encore plus coûteuses, créant un cycle vicieux d'inflation et de mécontentement public.
Le gouvernement du Kenya a été contraint de réviser les prix du carburant après le premier jour de grèves dans les transports, mais l'allègement a été minimal et a déplacé le fardeau des coûts sur le pétrole lampant, un combustible utilisé principalement par les ménages à faible revenu. Aux Comores, les autorités ont suspendu une augmentation de 46 % du prix du diesel pour permettre des négociations avec les travailleurs des transports et de la pêche qui avaient paralysé la nation insulaire.
La crise s'étend au-delà du carburant. La CNUCED a noté que la hausse des prix de l'énergie fait grimper le coût des engrais, accentuant les pressions de l'inflation alimentaire dans de nombreuses économies en développement. Le dernier rapport de l'agence indique : « les risques géopolitiques deviennent désormais la source dominante d'instabilité pour l'économie mondiale. »
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.