L'Union européenne prépare une mesure réglementaire d'envergure visant à fixer un âge minimum uniforme pour l'utilisation des médias sociaux dans ses 27 États membres, un défi direct aux modèles économiques de plateformes telles que Meta et TikTok.
L'Union européenne prépare une mesure réglementaire d'envergure visant à fixer un âge minimum uniforme pour l'utilisation des médias sociaux dans ses 27 États membres, un défi direct aux modèles économiques de plateformes telles que Meta et TikTok.

L'Union européenne pourrait proposer de nouvelles règles pour restreindre l'utilisation des médias sociaux par les mineurs dès cet été, signalant une offensive majeure pour créer une norme de sécurité unifiée au sein du bloc des 27 nations. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que la commission développait une approche paneuropéenne concernant l'âge minimum pour les réseaux sociaux, appuyée par un nouveau système de vérification de l'âge désormais « techniquement prêt ». « Ils sont exposés à un moment où leur résilience commence à peine à croître, car ce sont encore des enfants », a déclaré Mme von der Leyen lors d'une conférence à Copenhague, citant les risques allant de la privation de sommeil et du cyberharcèlement aux comportements addictifs. « Ces risques pour nos enfants ne sont pas accidentels. Ils sont le résultat de modèles économiques qui traitent l'attention de nos enfants comme une marchandise. » Cette initiative intervient alors qu'une vague de gouvernements nationaux met déjà en œuvre ses propres règles. La France a approuvé une loi en janvier 2026 pour interdire les plateformes sociales aux moins de 15 ans, et l'Espagne a déposé des projets d'interdiction pour les moins de 16 ans. Hors UE, l'Australie est devenue le premier pays à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans fin 2025, tandis que la Grèce prévoit une interdiction similaire pour les moins de 15 ans pour l'année prochaine. L'enjeu est une fragmentation potentielle du marché unique numérique de l'UE, que Mme von der Leyen a déclaré vouloir empêcher par une règle harmonisée. Cette pression s'ajoute à celle exercée sur les géants des médias sociaux, notamment Meta Platforms, TikTok et X, qui font déjà l'objet d'enquêtes pour des violations potentielles du Règlement sur les services numériques (DSA) de l'UE concernant leur gestion des mineurs. Une proposition formelle est attendue avant la pause automnale. ### Un patchwork de lois nationales La volonté d'une règle européenne unifiée vise à mettre fin à la fragmentation croissante des réglementations en Europe. Les gouvernements nationaux ont agi plus rapidement que le bloc, créant un paysage de conformité complexe pour les opérateurs de plateformes. L'interdiction française pour les moins de 15 ans, adoptée en janvier 2026, a été justifiée comme une réponse à une urgence de santé publique. L'Espagne vise un seuil de 16 ans, tandis que des pays comme l'Autriche, le Danemark et la Slovénie élaborent des règles pour les âges de 14 et 15 ans. Ce patchwork de réglementations crée une incertitude pour les entreprises et des protections incohérentes pour les enfants. « Les enfants devraient être protégés de la même manière quel que soit l'endroit où ils vivent dans notre Union », a déclaré Mme von der Leyen. Le Parlement européen a précédemment appelé à un minimum uniforme de 16 ans, mais la Commission a déclaré qu'elle consulterait d'abord des experts pour déterminer le seuil d'âge approprié avant de formuler une proposition formelle. ### Vérification à divulgation nulle de connaissance prête Un pilier clé de la stratégie de l'UE est une nouvelle application de vérification de l'âge développée par l'équipe d'identité numérique de la Commission. Le système utilise des techniques cryptographiques à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge), permettant à un utilisateur de confirmer qu'il a dépassé un certain âge sans révéler sa date de naissance réelle, son identité ou d'autres données personnelles. La Commission aurait ordonné à Apple et Google d'intégrer le système au niveau du système d'exploitation, ce qui accélérerait considérablement son adoption. Bien que la technologie soit conçue pour protéger la vie privée, certains défenseurs craignent que toute infrastructure de vérification de l'âge à grande échelle ne dérive vers des contrôles d'identité plus larges au fil du temps. Les opérateurs de plateformes ont exprimé d'autres préoccupations, arguant que des barrières d'âge strictes pourraient pousser les jeunes utilisateurs vers des services non modérés hors UE et que la mise en œuvre technique reste un défi majeur. Pendant ce temps, les groupes de protection de l'enfance continuent de presser la Commission d'agir plus rapidement, soulignant l'augmentation des taux de préjudices autodéclarés chez les adolescents. Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.