L'expansion du crédit en Chine a ralenti plus que prévu au cours des quatre premiers mois de 2026, les principaux indicateurs des nouveaux prêts et du financement social tombant en dessous des niveaux de l'année précédente, signalant une faiblesse persistante de la deuxième économie mondiale.
Les données de la Banque populaire de Chine (PBoC) sont un indicateur clé de la dynamique économique, et ce ralentissement reflète la prudence des consommateurs et des entreprises privées. Ces chiffres intensifieront le débat sur la nécessité d'un nouveau stimulus monétaire pour dynamiser la croissance dans un contexte de crise immobilière prolongée et de demande intérieure atone.
Le financement social agrégé, la mesure la plus large du crédit de la PBoC, s'est établi à 15 450 milliards de yuans pour la période de janvier à avril, soit une baisse de 893 milliards de yuans par rapport à la même période en 2025. La croissance de l'encours du financement social s'est ralentie à 7,8 %. Parallèlement, la masse monétaire M2 a augmenté de 8,6 % en glissement annuel pour atteindre 353,04 billions de yuans.
Ce ralentissement souligne un environnement difficile pour les décideurs politiques à Pékin. Alors que l'émission d'obligations d'État a été le principal moteur du crédit, la demande du secteur privé reste faible. Les données accentuent la pression sur la PBoC pour déployer davantage de mesures d'assouplissement, les investisseurs surveillant de près les réductions potentielles du taux de la facilité de prêt à moyen terme (MLF) ou du ratio de réserves obligatoires (RRR) des banques.
Contraction des prêts aux ménages
L'un des principaux points faibles réside dans les emprunts des ménages. Le total des prêts aux ménages s'est contracté de 490,2 milliards de yuans au cours des quatre premiers mois de l'année. Cette baisse a été tirée par une chute de 610,2 milliards de yuans des prêts à la consommation à court terme, tandis que les prêts à moyen et long terme, principalement des prêts hypothécaires, n'ont connu qu'une maigre augmentation de 119,9 milliards de yuans.
En revanche, les prêts aux entreprises sont restés le principal pilier de la croissance du crédit, les nouveaux prêts au secteur ayant augmenté de 8 990 milliards de yuans. Cependant, la divergence entre les emprunts des entreprises et ceux des ménages met en évidence une reprise inégale et le défi que représente la stimulation de la consommation privée.
Perspectives de politique monétaire
La faiblesse des données sur le crédit suggère que l'abondante liquidité du système bancaire ne se traduit pas par des emprunts et des investissements robustes de la part du secteur privé. Le taux d'intérêt moyen pondéré des prêts interbancaires était de 1,29 % en avril, indiquant des coûts de financement bas pour des banques qui peinent néanmoins à trouver des emprunteurs solvables.
Le gouvernement s'est appuyé sur la relance budgétaire, le financement net par les obligations d'État atteignant 4 450 milliards de yuans au cours des quatre premiers mois. Cela a partiellement compensé le déclin dans d'autres domaines, mais souligne la dépendance de l'économie à l'égard des investissements publics. Pour les marchés mondiaux, ces données renforcent les perspectives baissières sur la trajectoire de croissance de la Chine et pourraient peser sur le yuan ainsi que sur les matières premières comme le cuivre et le minerai de fer qui dépendent de la demande chinoise.
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