La mesure de réduction des coûts de Centene reflète un désengagement plus large du marché de l'Affordable Care Act après l'expiration des subventions de l'ère pandémique.
La mesure de réduction des coûts de Centene reflète un désengagement plus large du marché de l'Affordable Care Act après l'expiration des subventions de l'ère pandémique.

Centene Corp. proposera des rachats à la plupart de ses 61 000 employés, après une forte baisse du nombre d'adhérents à ses régimes d'assurance maladie au cours de l'année écoulée, dernier signe en date des perturbations sur le marché de l'Affordable Care Act suite à l'expiration des subventions majorées de primes.
« Face à l'évolution de notre base d'adhérents, nous devons adapter notre organisation en conséquence », a déclaré le directeur général de Centene, selon un porte-parole de l'entreprise cité par Bloomberg News.
L'assureur basé à Saint-Louis comptait 61 000 salariés au premier trimestre. La société n'a pas précisé l'ampleur de la réduction d'effectifs visée, mais des licenciements pourraient suivre si les rachats volontaires ne suffisent pas à atteindre l'objectif. Les pertes d'adhérents de Centene reflètent un déclin plus large des inscriptions sur les marchés de l'ACA, qui, selon KFF, pourraient chuter d'environ 5 millions cette année pour atteindre environ 17,5 millions, après l'expiration des subventions majorées à la fin de 2025.
Cette baisse des inscriptions entraîne des conséquences financières importantes pour les assureurs qui ont construit leur activité autour des marchés de l'ACA. Le Paragon Health Institute estime qu'environ 6,2 millions d'inscrits sur les marchés — soit plus du quart de l'ensemble des inscriptions — pourraient être inscrits de manière inappropriée cette année, ce qui pourrait coûter aux contribuables jusqu'à 25 milliards de dollars en subventions fédérales.
L'offre de rachat intervient alors que Centene et d'autres assureurs sont confrontés à un marché qui se contracte pour la première fois depuis des années. Les marchés de l'ACA, lancés en 2014, ont vu leurs inscriptions exploser pendant la pandémie, lorsque les subventions majorées rendaient de nombreux régimes disponibles sans prime mensuelle pour les Américains à faibles revenus. Ces subventions ont expiré à la fin de 2025, et les inscriptions reviennent désormais vers les niveaux d'avant la pandémie.
La Floride illustre l'ampleur du problème. Selon Paragon, plus de 3 millions d'inscrits sur les marchés de l'État ont déclaré des revenus compris entre 100 % et 150 % du seuil de pauvreté fédéral cette année — mais le rapport estime qu'à peine 636 000 Floridiens avaient vraisemblablement des revenus dans cette fourchette. Cet écart suggère une déclaration de revenus largement erronée et une activité d'inscription potentiellement frauduleuse.
Les Centers for Medicare and Medicaid Services ont reçu environ 50 000 plaintes pour inscriptions non autorisées ou changements de régime sur les marchés au cours du seul premier trimestre 2024. À peu près à la même période, le CMS a suspendu environ 200 agents et courtiers dans l'attente d'enquêtes pour faute présumée. Une analyse distincte de Paragon a révélé que 12 millions d'inscrits sur les marchés en 2024 n'ont généré aucune demande de remboursement cette année-là — un schéma plus cohérent avec des inscriptions non autorisées qu'avec des consommateurs en bonne santé qui n'auraient tout simplement jamais consulté.
La correction du marché de l'ACA
Le déclin des inscriptions pourrait représenter une correction attendue depuis longtemps plutôt qu'un échec du marché de l'assurance. Les subventions majorées adoptées pendant la pandémie et ensuite prolongées par le Congrès ont permis à de nombreux Américains gagnant entre 100 % et 150 % du seuil de pauvreté fédéral — entre 15 960 $ et 23 940 $ pour un individu — d'obtenir une couverture sur les marchés sans prime mensuelle. Leur expiration a mis en lumière un marché qui, selon l'analyse de Paragon, était devenu de plus en plus déformé par la fraude et une faible vérification de l'éligibilité.
Pour Centene, le défi est structurel. Le modèle économique de l'assureur repose sur l'échelle du marché de l'ACA, et un déclin durable des inscriptions pèsera sur les marges de l'ensemble de son activité sur les marchés. La société n'a pas divulgué son ratio de sinistralité pour l'année en cours, mais les pertes d'adhérents suggèrent une augmentation des coûts fixes par inscrit à mesure que le pool de risques se réduit.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.