L'activité du secteur privé canadien a été largement stagnante en avril, la reprise de l'industrie manufacturière ayant été compensée par une contraction continue, bien que plus lente, de l'industrie des services.
L'économie canadienne a envoyé des signaux contradictoires en avril, avec une poussée de l'activité manufacturière à un indice PMI de 53,3 contrastant fortement avec un secteur des services qui est resté en contraction pour le sixième mois consécutif à 49,2.
« Bien que le secteur des services du Canada ait continué de se contracter, il ne l'a fait que marginalement en avril », a déclaré Paul Smith, directeur économique chez S&P Global Market Intelligence. Smith a noté que la croissance manufacturière semble être tirée par l'inquiétude concernant les futures hausses de prix et la disponibilité des produits plutôt que par une augmentation durable de la demande.
L'indice S&P Global des directeurs d'achat du secteur manufacturier canadien est passé de 50 en mars à 53,3 en avril, marquant le troisième mois d'expansion au cours des quatre derniers. En revanche, le PMI des services, bien qu'à un sommet de six mois, est passé de 47,2 en mars à 49,2, toujours en dessous du seuil de 50 qui sépare la croissance de la contraction.
Cette divergence peint un tableau complexe pour la Banque du Canada. Alors que le rebond manufacturier a été stimulé par les craintes de hausse des prix dues au conflit au Moyen-Orient et aux tarifs douaniers, le secteur des services a également signalé la plus forte hausse des prix de vente en deux ans, tirée par des coûts de main-d'œuvre plus élevés. Cela suggère des pressions inflationnistes croissantes qui pourraient compliquer la trajectoire future de la banque centrale sur les taux d'intérêt.
Une reprise manufacturière dictée par la peur
La reprise de l'industrie manufacturière canadienne a été alimentée par une forte augmentation des nouvelles commandes, la plus importante en plus de quatre ans, et la plus forte croissance de la production depuis mai 2022. Cependant, cette croissance est considérée comme préventive. L'enquête de S&P Global a indiqué que les entreprises constituaient des stocks en prévision de futures perturbations de la chaîne d'approvisionnement et de hausses de prix, en particulier pour l'énergie et le fret. Les coûts des intrants pour les fabricants ont augmenté au rythme le plus élevé depuis plus de trois ans et demi.
La lente progression du secteur des services
L'activité dans l'industrie des services du Canada a continué de se contracter en avril, bien que le rythme de la baisse se soit atténué. L'indice S&P Global des directeurs d'achat (PMI) des services canadiens est passé de 47,2 en mars à 49,2, son niveau le plus élevé en six mois. Les volumes de nouvelles affaires ont connu une augmentation marginale pour la première fois depuis novembre 2024, bien que les ventes internationales aient continué de chuter. Malgré la contraction globale, les entreprises ont augmenté leurs effectifs pour la première fois en trois mois, bien que marginalement, pour gérer la charge de travail. La confiance dans le secteur a atteint son plus haut niveau en 18 mois, les entreprises espérant que la tendance des nouvelles commandes se maintiendra.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.