La nouvelle stratégie nationale canadienne pour l'intelligence artificielle prévoit 500 millions $ CA de financement direct et promet d'ajouter 3 % au PIB, alors que le Premier ministre Mark Carney cherche à combler l'écart d'investissement avec les concurrents technologiques américains.
Le Canada a dévoilé jeudi une stratégie nationale pour l'IA de 500 millions $ CA (360 millions $ US) qui vise 250 000 nouveaux emplois et une hausse de 3 % du PIB d'ici 2031, alors que le Premier ministre Mark Carney pousse pour réduire l'écart de financement avec les entreprises technologiques américaines.
« Cette stratégie garantit que les entreprises canadiennes d'IA peuvent se développer au pays plutôt que de se tourner vers le sud pour trouver des capitaux », a déclaré M. Carney lors de l'annonce à Toronto, où il a présenté le plan intitulé « IA pour tous ».
Le Fonds canadien de croissance technologique recevra 500 millions $ CA pour prendre des participations dans des entreprises d'IA locales, répondant ainsi à ce que le gouvernement a décrit comme un désavantage structurel de financement par rapport aux homologues américains. Un montant supplémentaire de 500 millions $ CA provenant de la Banque de développement du Canada aidera les petites et moyennes entreprises à adopter des outils d'IA. Le secteur numérique canadien emploie actuellement environ 800 000 travailleurs et contribue à hauteur de plus de 140 milliards $ CA au PIB, dont 150 000 postes directement liés à l'IA.
Le gouvernement prévoit que cette stratégie débloquera près de 200 milliards $ CA de valeur économique grâce à une commercialisation accrue de l'IA dans les secteurs clés. Faute d'une échelle comparable, les start-ups canadiennes d'IA ont souvent dû se relocaliser aux États-Unis pour obtenir des financements de stade avancé — une dynamique que le fonds de participation vise à inverser.
Combler l'écart de financement
Le Fonds de croissance technologique de 500 millions $ CA permet au gouvernement fédéral d'acquérir des participations dans des entreprises canadiennes d'IA, une structure qui s'inspire de certains éléments de l'approche du CHIPS Act américain en matière d'investissement technologique domestique. Les start-ups canadiennes d'IA ont levé environ 3,5 milliards $ CA en financement de capital-risque l'année dernière, selon l'Association canadienne du capital de risque, contre plus de 100 milliards $ US levés par les entreprises américaines d'IA sur la même période.
Shopify Inc., la plus grande entreprise technologique canadienne par capitalisation boursière, et Nortech AI, une start-up d'apprentissage automatique basée à Toronto, figurent parmi les entreprises locales qui pourraient bénéficier de ce bassin de capitaux élargi. Le fonds cible les entreprises en phase de croissance, là où l'écart de financement est le plus marqué — les start-ups canadiennes d'IA en stade avancé ont levé en moyenne 70 % de capitaux de moins que leurs homologues américaines, selon les données du Brookfield Institute.
Règles de confidentialité et surveillance des risques
Le gouvernement prévoit également d'introduire une législation sur la protection des données des consommateurs ciblant les données en ligne des enfants, les deepfakes et un contrôle accru des consommateurs sur leurs informations personnelles. Un investissement de 50 millions $ CA soutiendra la surveillance des risques émergents liés à l'IA et l'évaluation transparente des systèmes d'IA. Le gouvernement n'a pas fourni de calendrier pour la mise en œuvre de ces réglementations.
La composante réglementaire place le Canada aux côtés de l'Union européenne, qui a adopté la loi sur l'IA en 2024, et des États-Unis, qui ont privilégié des orientations sectorielles plutôt qu'une législation globale. Pour les entreprises canadiennes d'IA, ces nouvelles règles pourraient accroître les coûts de conformité, mais aussi offrir une clarté réglementaire que les investisseurs ont citée comme condition préalable à des engagements plus importants.
Implications pour les investisseurs
Pour les investisseurs, cette stratégie signale que le Canada parie sur l'IA comme moteur économique central plutôt que comme un secteur technologique de niche. Le fonds de participation de 500 millions $ CA, bien que modeste par rapport aux flux de capital-risque américains, pourrait améliorer la trajectoire de valorisation des start-ups canadiennes d'IA et créer un pipeline d'introductions en bourse plus viable à la Bourse de Toronto. Des entreprises comme Shopify, qui se négocie à 38 fois les bénéfices anticipés, et Nortech AI, qui a bouclé son tour de table de série C à une valorisation de 2,1 milliards $ CA au dernier trimestre, devraient bénéficier d'un bassin de capitaux nationaux plus profond et d'une meilleure rétention des talents en IA.
L'objectif de contribution de 3 % au PIB implique que la production économique du secteur de l'IA devrait croître d'environ 20 % par an jusqu'en 2031, un rythme qui nécessiterait des investissements soutenus du gouvernement et du secteur privé au-delà de l'engagement initial de 500 millions $ CA.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.