Le brut Brent a bondi de 3% à 74,15 dollars le baril le 7 juillet, les traders ayant ignoré les prévisions de prix révisées de l'administration Trump, qui ont réduit les estimations du Brent de plus de 10 dollars pour cette année et l'année prochaine, tout en relevant les projections de production américaine.
« Le marché intègre une prime de risque sur l'offre que le modèle de l'administration ne capture pas », a déclaré Amrita Sen, fondatrice et directrice de la recherche chez Energy Aspects. « Le décalage entre les prévisions gouvernementales et le trafic réel des pétroliers dans le détroit d'Ormuz est significatif. »
L'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a abaissé ses prévisions de prix du Brent pour 2026 à une fourchette impliquant une moyenne proche de 65 à 68 dollars le baril, contre des estimations précédentes supérieures à 78 dollars, tout en relevant ses projections de production nationale à un niveau record de 13,7 millions de barils par jour. Ces révisions interviennent alors que la Maison-Blanche fait pression pour une baisse des coûts de l'énergie avant les élections de mi-mandat. Pourtant, les marchés physiques du pétrole racontent une autre histoire : l'Arabie saoudite a offert la semaine dernière sa plus forte décote sur le brut léger arab Light depuis au moins 26 ans, signe que les producteurs du Golfe se livrent une concurrence agressive pour attirer les acheteurs alors que le trafic des pétroliers reprend — mais à des volumes encore bien inférieurs aux normes d'avant le conflit.
Cette hausse illustre un marché pris entre des signaux contradictoires. Côté offre, le mémorandum américano-iranien a apaisé la menace immédiate d'une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz, et les exportations de pétrole brut iranien ont repris après la levée des sanctions. Mais le président de la compagnie japonaise NYK Line, qui exploite plus de 900 navires, a déclaré au Financial Times que la contamination par les mines signifie que le transport maritime dans le détroit fonctionnera à moins de la moitié des niveaux d'avant-guerre pendant des mois, même si l'accord de paix tient. L'EIA elle-même prévoit que les stocks commerciaux de l'OCDE chuteront à un niveau historiquement bas de 50 jours de demande d'ici décembre, contre 78 jours avant le début du conflit.
Les enjeux sont élevés pour les consommateurs comme pour les producteurs. Bien que le brut Brent soit revenu à ses niveaux d'avant l'invasion, les marchés des produits raffinés restent gravement tendus — les prix de l'essence ont augmenté de 19% et ceux du diesel de 30% par rapport à leurs niveaux d'avant le conflit, selon les données de Reuters. Cela signifie que la baisse des prix du brut ne se traduit pas par un soulagement à la pompe, les marges de raffinage se négociant près de leurs records historiques. Pour les producteurs de schiste américains, les prévisions de production plus élevées de l'administration impliquent une pression continue pour maintenir l'activité de forage, même si les prix s'adoucissent. Le prochain test majeur aura lieu avec le rapport hebdomadaire des stocks de l'EIA le 9 juillet, qui indiquera si les stocks américains se reconstituent assez rapidement pour combler le déficit structurel d'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient.
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