La Banque du Canada a maintenu son principal taux d'intérêt à 2,25 %, tout en avertissant qu'elle agirait rapidement si l'impact de la hausse des prix de l'énergie se propageait, un message intervenu alors que le regain de tensions géopolitiques a fait grimper le baril de Brent de 6 % pour atteindre environ 114,50 $.
« Si les prix de l'énergie restent élevés, nous ne laisserons pas leurs effets se transformer en inflation persistante », a déclaré le gouverneur Tiff Macklem lors d'un témoignage devant les parlementaires lundi, renforçant l'engagement de la banque envers sa cible d'inflation.
Ces commentaires bellicistes ont incité les traders de titres à revenu fixe à intégrer la probabilité de deux hausses de taux d'ici la fin de 2026. Le dollar canadien s'est maintenu face à son homologue américain, soutenu par la perspective de taux plus élevés et par des données montrant que la balance commerciale du Canada a enregistré un excédent inattendu de 1,78 milliard de dollars canadiens en mars. Les contrats à terme sur le pétrole américain ont également grimpé de 4 % pour atteindre 106 $ le baril.
La banque centrale fait face à un exercice d'équilibre délicat entre la maîtrise de l'inflation et la gestion de risques commerciaux importants. Si Macklem a signalé une volonté de relever les taux, il a également reconnu qu'une nouvelle série de menaces commerciales de la part des États-Unis cet été pourrait nuire à la confiance et nécessiter des baisses de taux pour atténuer le choc.
La trajectoire incertaine de l'inflation
Les projections actuelles de la banque centrale prévoient que l'inflation culminera autour de 3 % en avril et s'atténuera progressivement vers sa cible de 2 % d'ici le début de 2027. Cependant, cette prévision repose sur une hypothèse critique : que les prix du pétrole brut retombent à 75 $ le baril d'ici la mi-2027. La récente flambée des prix du pétrole, découlant de l'exacerbation des tensions dans la guerre en Iran, remet en cause cette hypothèse.
Macklem a déclaré aux parlementaires qu'une augmentation de l'inflation sous-jacente, qui exclut les éléments volatils comme l'alimentation et l'énergie, serait un signal d'alarme clé indiquant que les pressions sur les prix se généralisent. « Cela dépendra beaucoup de ce qui se passera réellement avec les prix mondiaux du pétrole. Cela dépendra des entreprises, à savoir si elles absorbent ces prix ou si elles les répercutent », a-t-il déclaré. Bien que des taux plus élevés pénaliseraient les ménages et les petites entreprises, Macklem a affirmé que « l'alternative est de laisser l'inflation devenir incontrôlable. Cela nuit encore plus à tout le monde ».
Les vents contraires commerciaux s'accumulent
Les tensions commerciales renouvelées avec le plus grand partenaire commercial du Canada compliquent les calculs de la banque. Un examen mené par les États-Unis du traité commercial États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM) est prévu pour cet été, et les discussions entre Ottawa et Washington sont au point mort. Macklem a reconnu le risque, notant que les États-Unis pourraient « formuler de nouvelles menaces et faire beaucoup de bruit ».
Cette incertitude crée un contrepoids aux pressions inflationnistes provenant de l'énergie. Un différend commercial sérieux pourrait freiner l'investissement des entreprises et la confiance des ménages, forçant la Banque du Canada à envisager des baisses de taux pour soutenir l'économie, ce qui s'opposerait directement à l'action nécessaire pour lutter contre l'inflation. Pour l'instant, comme l'a noté un économiste, « le mantra est l'attente — pour le moment — mais l'horloge tourne ».
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.